Voyageur inlassable, Daniel de Roulet a l’habitude de nous faire pénétrer les profondeurs des paysages. Cette fois, il est allé errer autour des centrales nucléaires françaises. Sans guère nous y faire entrer mais en s’interrogeant, l’air de rien, sur une aventure humaine à la fois fascinante et effrayante.
On ne connaît le nom que des plus célèbres. Mais il y en vingt-quatre qui surgissent dans ce petit livre, écrit avec élégance et retenue. De Roulet n’est plus le militant d’autrefois. Il fait mieux: il nous trouble dans nos certitudes. On devine chez lui une certaine admiration pour ces performances technologiques. Et aussi un effroi. Autour de la fragilité de ces monstres. Ils réchauffent les rivières, on doit les arrêter quand il n’y a plus assez d’eau dans leurs cours. Leurs déchets radioactifs s’entassent dans des piscines, dans des caches «provisoires» alors que leur nocivité est promise à durer pour des milliers et des milliers d’années. Une «pimpante communicante» accueille les visiteurs à La Hague. Ceux-ci se laissent facilement convaincre, comme partout, que tout est sous contrôle. De Roulet, lui, se souvient qu’autrefois on envoyait ces horreurs au fond de la mer, ce qui est interdit aujourd’hui. Mais où les mettre? De quel repli terrestre peut-on être certain qu’il ne sera jamais bouleversé ou découvert par nos héritiers, dans cent, mille, cent mille ans? Ceux-ci comprendront-ils les mots et les signes de mise en garde collés sur les redoutables containers enfouis?






Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.