Le fond de l’air effraie


Une série de faits divers plombe la rentrée. Elle s’annonçait déjà morose avec le climat social tendu en raison de la réforme des retraites. S’y ajoutent, entre autres, l’attentat commis par un fonctionnaire à la préfecture de police et la catastrophique communication du gouvernement à propos de l’incendie de Rouen. En France, le fond de l’air effraie. Météo parfaite pour étouffer la liberté.
Sommaire
Avalanches de sinistres: 5000 tonnes de produits chimiques partent en fumée à l’usine Lubrizol à Rouen; quatre fonctionnaires de la Préfecture de Police à Paris sont tués à coups de couteau par un de leurs collègues qu’un autre policier a dû abattre; la piste d’un attentat salafiste est désormais avérée; un lycéen de 15 ans poignardé à mort aux Lilas (Seine-Saint-Denis) alors qu’il s’interposait entre deux bandes rivales; cortèges de policiers criant leur colère devant la vague de suicides qui sévit dans leurs rangs en raison de leurs conditions de travail1, cortèges des personnels hospitaliers faisant état du même désarroi2. Mercredi 2 octobre, le Sénat annonce l’effarant résultat d’un questionnaire: sur les 3978 élus locaux qui ont répondu, 92% d’entre eux affirment avoir été victimes de violences, de l’incivilité jusqu’à l’agression physique en passant par la menace et l’injure3. Une rentrée comme celle-ci, on aimerait bien en sortir!
Société occidentale en déclin
En lui-même, chacun de ces évènements illustre le profond mal-être qui prend racine en France. Toutefois, avec une telle accumulation en un bref laps de temps, on a dépassé le stade du mal-être pour atteindre celui d’un bouleversement social d’une rare ampleur. Tous les pays occidentaux en sont traversés.
Pourquoi eux? Comme toujours, la réponse ne saurait être simple: la révolution numérique qui bouleverse les habitudes prises depuis des décennies par les pays industrialisés, l’angoisse du bouleversement climatique, mais aussi la prise de conscience de l’inexorable déclin de l’Occident. Amorcée à la Première Guerre mondiale, la conscience de ce déclin a été amortie par l’imperium des Etats-Unis, vus comme un prolongement de l’Europe. Maintenant qu’ils déclinent à leur tour – l’élection de Trump n’en est que l’emblème le plus grossier –, l’Occident panique. D’autant plus que la puissance émergente, la Chine, développe un régime liberticide associant stalinisme politique et capitalisme oligarchique. Sympathique perspective!




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