«S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche!»


S’il y a bien une phrase qui a porté, c’est celle-ci. Méprisante et frivole, la formule traduit le caractère qu’on prête à «l’Autrichienne»: l’indifférence au sort des démunis, élevée au rang d’art de vivre et l’aveuglement de ceux qui ne voient pas que les tables sont en train de tourner. Problème: Marie-Antoinette n’a jamais dit ça.
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Cet article, signé Jean-Christophe Piot, a été publié sur Mediapart le 7 août 2019
On la trouve jusque dans une scène célèbre du Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006): Kirsten Dunst, qui y incarne une jeune reine aussi mutine et glamour qu’aveugle à la gravité de la situation, s’amuse dans sa baignoire des plaintes d’un peuple menacé par la famine d’un «Let them eat cake!»; prononcé avec presque de la gourmandise.
En quatre mots tout est dit d’un certain mépris de classe ou plutôt d’ordre en l’occurrence, intégré et cruel.
Et ce n’est là qu’une référence de plus: en novembre dernier, interrogé sur LCI au plus fort du mouvement des «gilets jaunes», le député La France insoumise François Ruffin se servait à son tour de la fameuse formule pour attaquer Emmanuel Macron, taxé d’indifférence aux souffrances sociales: «Macron, c’est Marie-Antoinette au moment de la Révolution française. C’est quoi, c’est ‘Vous n’avez pas de pain? Eh bien, vous n’avez qu’à acheter de la brioche.’ Vous n’avez pas de quoi faire le plein de votre voiture? Eh bien, vous n’avez qu’à en acheter une neuve. Vous n’arrivez pas à remplir votre cuve à fioul? Eh bien, achetez une nouvelle cuve à fioul.»




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