Réservé aux abonnés

La bien-pensance pense-t-elle mal?

Jean-Noel Cuénod

Par Jean-Noel Cuénod · Publié le 19 août 2019 · 3 min de lecture

Et la mal-pensance pense-t-elle bien? Telle est l’alternative qui taraude les faiseurs de bruits médiatiques et autres pétomanes pour réseaux sociaux. Etre traité de «bien-pensant» ou pis d’«adepte de la bien-pensance» est devenu l’insulte qui pique et fait mouche.

Sommaire

Aujourd’hui, le mal-pensant est tendance. Pour lui, le bien-pensant n’est qu’un sale hypocrite qui, au bord de sa piscine olympique, entre deux sirotages de spritz, pleurniche sur le sort des réfugiés en train de se noyer dans la Grande Bleue en accusant les xénophobes d’être des sans-cœurs. Mais qu’il les accueille donc dans sa luxueuse villa, ce bel esprit!

Le bien-pensant vit peut-être dans une HLM mais pour le mal-pensant, ce sagouin se prélasse toujours dans une luxueuse villa, sinon le cliché tombe à l’eau; celle de la piscine imaginaire, en l’occurrence.

Le mal-pensant affirme nager à contre-courant de la pensée majoritaire en chaussant les palmes de la rébellion. C’est un audacieux, un courageux, un non-conformiste. La générosité? Un artifice pour cacher de sordides intérêts! La solidarité? Une excuse pour ne rien foutre! L’humanité? Un concept flasque pour ventre mou! La fraternité? Laissez-moi rire! Enfin, façon de parler, car le mal-pensant ne rit jamais, il ricane. N’admire jamais, il dénigre. Ne débat jamais, il dénonce.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

La neutralité, ou l’art de laisser émerger l’inédit

PhilosophieArticle

La neutralité, ou l’art de laisser émerger l’inédit

Les grandes transformations sociales ne commencent pas toujours par une vérité qui s’impose. Elles naissent souvent d’intuitions marginales, d’anomalies ou de questions que les cadres dominants peinent à reconnaître. Dans un monde de plus en plus complexe et polarisé, la neutralité épistémique pourrait offrir l’espace nécessaire pour les accueillir, les confronter et faire émerger de nouvelles compréhensions.

Yves Borgeaud

Et si la Suisse réinventait la neutralité?

PhilosophieArticleLibre

Et si la Suisse réinventait la neutralité?

La neutralité suisse a toujours évolué avec son époque. Face à un monde où les frontières entre les crises, les savoirs et les visions du monde deviennent de plus en plus poreuses, une nouvelle forme de neutralité pourrait émerger: non plus seulement politique, mais épistémique. Une manière de préserver des espaces de dialogue, de relier des connaissances et d'accueillir la complexité sans renoncer au jugement.

Yves Borgeaud

L’Humain, l’IA, le Philosophe… et le sophiste

PhilosophieArticle

L’Humain, l’IA, le Philosophe… et le sophiste

Plongé dans une crise identitaire sans précédent, l'humain se trouve confronté à un double dilemme que séparent 2386 années d'histoire. Le premier fut déguisé et normalisé, le second fut imité et il est tout juste émergent. Ces deux dilemmes − distinguer le philosophe du sophiste, et la pensée humaine de l'échafaudage artificiel − posent des enjeux dont la résonance est si profonde que, paradoxalement, leur discernement commence par la résolution du second.

Igor Balanovski