L’initiative «Stop mitage», oui, mais pas toute seule


Vous faites peut-être partie de ces gens qui votent avant même d’avoir posé leur enveloppe sur la table de cuisine; dans ce cas, cet article vous intéressera peu. Ou alors, vous êtes comme moi, et vous balancez d’un camp à l’autre depuis des semaines en vous posant ces questions: qui veut réellement risquer de se trouver dans une situation où il n’est plus possible de construire de maisons alors qu’on se trouve actuellement encore dans une crise du logement? Et pourtant, comment ne pas être sensible aujourd’hui à la cause écologique? La réponse se trouve dans nos craintes parfois inavouées face à la densification et surtout face aux prix des loyers souvent affolants. Ces peurs doivent pourtant amener à voir la question sur un plan global.
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Les mêmes arguments ont été rabâchés sans arrêt durant cette campagne: cette initiative est extrême, elle est inutile parce que l’on n’a pas encore vu les effets de la révision de la LAT, elle pénaliserait les régions qui ont été soucieuses des terrains agricoles et favoriserait les flambeurs de terrains à bâtir, etc. Argumentation de l’autre bord: cette initiative est un cri d’alarme, il faut sauver notre paysage et les champs, la LAT n’est pas suffisante car elle stipule une renégociation des terrains tous les 15 ans ou encore, le projet est nécessaire pour vivre dans un monde plus durable.
Bref… une fois que l’on a dit tout cela, on n’en sait pas beaucoup plus. Car cela se résume en quelques mots: soit on est écolo jusqu’au bout des ongles et on vote oui, soit on n’est pas persuadé que ce soit la bonne solution (même si l’écologie, oui oui, c’est important) et on vote non.
Alors quelles sont les questions sous-jacentes à cette initiative? En partie, la préservation du paysage, en partie, l’agriculture, mais surtout: notre besoin vital d’avoir un toit, un foyer, un endroit pour vivre décemment. Un droit fondamental qui nous fait chercher «la perle rare», comme dirait l’humoriste Yann Marguet, un endroit où l’on se sente bien, sans devoir sacrifier 85% de son salaire net. Et ce sont probablement ces questions peu prises en compte qui pourraient faire échouer cette initiative dimanche prochain.




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