Chez Miklós, treizième district


Marie Céhère est partie en Hongrie et livre ses impressions quotidiennes à «Bon pour la tête» sous forme de journal de bord. Découvrez, jour après jour, les épisodes de cette série hongroise.
La nuit est tombée depuis près de deux heures quand j’arrive chez Miklós, dans le treizième district, sur la rive de Pest, au nord de l’île Marguerite. Ce n’était pas l’adresse que nous avions d’abord convenue, mais le chauffe-eau de son autre appartement a rendu l’âme la semaine précédente et les pièces de plomberie, importées d’Allemagne, mettront au moins dix jours à arriver. Ensuite, il faudra attendre le plombier. Dans le bâtiment, à Budapest, tout est long et complexe.
Le quartier où Miklós m’accueille est lui-même une mosaïque de chantiers: petits travaux privés et constructions publiques d’immeubles en forme de tas de cubes. C’est le début du no man’s land budapestois: d’interminables boulevards, des stations-service, des bureaux, des friches, sur des kilomètres au-delà des centres hypertouristiques.
Miklós a la soixantaine et porte la moustache aussi fièrement que ma valise au premier étage d’une construction des années 70. Il parle un anglais facile et sans accent. Son épouse, absente ce soir, est docteur. En quoi, je ne le saurai pas. Une famille cultivée.



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