Soudain, le bœuf a explosé. Éclaté sans un «meuh».


Séance de rattrapage, ce jeudi 4 octobre à Pôle Sud pour le captivant «Mabata Bata» de Sol de Carvalho. Un film plastiquement superbe, cinématographiquement maîtrisé et thématiquement riche, qui confirme encore une fois tout le bien qu'on est en droit de penser de son auteur.
Sur fond de guerre civile et de cérémonie religieuse, Mabata Bata nous raconte l’histoire d’Azarias. Un jeune orphelin mozambicain dont la seule envie est d’aller à l’école, mais qui doit garder le troupeau de son oncle Raul. Il est donc encore une fois question dans le cinéma de Sol de Carvalho du droit à l’éducation. Un sujet qui était déjà au centre de son premier long métrage, Le jardin d’un autre homme. Mais au-delà de cette thématique importante et récurrente, Mabata Bata aborde aussi la question de la réconciliation après un conflit armé. En cela, le film prolonge davantage qu’il n’adapte la nouvelle éponyme de Mia Couto, celle-ci ayant été écrite en 1986, en pleine guerre civile. Ce n’est d’ailleurs pas la seule différence notable entre la version écrite et filmée de ce conte. Mais Sol de Carvalho ne trahit pas pour autant l’esprit originel du texte par ses nombreux apports. Au contraire, grâce à eux il parvient à transformer une œuvre éminemment littéraire en un vrai objet de cinéma. La narration éclatée de son film, qui oscille continuellement entre le présent, le passé et le monde des esprits, de même que le recours à certains effets propres au septième art (notamment dans l’utilisation du son non synchrone), offrent ainsi un équivalent cinématographique probant à la langue riche, inventive et vivante utilisée par Mia Couto dans son récit.




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