«Mama Bobo», indépendamment de sa brièveté, est une indéniable réussite. Un court-métrage qui se révèle à la fois thématiquement riche et parfaitement maîtrisé cinématographiquement. Peut-être tout simplement la plus belle surprise de cette treizième édition de Cinémas d'Afrique.
L’histoire de Mama Bobo, c’est un griot qui nous la raconte. Et comme toutes les fables qui se respectent, elle nous propose évidemment, au-delà de l’intrigue proprement dite, une leçon sur laquelle méditer. Ainsi, à travers la mésaventure vécue par Mama Bobo, qui voit son quotidien complètement chamboulé par les transformations à l’oeuvre dans son quartier, Robin Andelfinger et Ibrahima Seydi ne se contentent pas d’évoquer un drame individuel. Ils nous interrogent sur notre capacité à faire face collectivement à la déshumanisation de la société.
Et les deux réalisateurs le font non seulement avec métier, mais aussi avec honnêteté. L’écriture comme la facture très cinématographiques du film (flash-back, ellipses multiples, scènes chocs), n’empêchent pas la réalité de s’imposer, même lorsqu’elle se révèle par trop cruelle. Preuve en est: la touchante mobilisation des gens du quartier pour venir en aide à Mama Bobo n’empêchera pas le décès de celle-ci. On est au Sénégal, pas à Hollywood!
Ainsi, la différence fondamentale entre Mama Bobo et un film tel que Five fingers for Marseilles de Michael Matthews (le western présenté samedi soir au Théâtre de Verdure), c’est que le second, en plus d’être mauvais, est un pur cinéma d’imitation. Mama Bobo quant à lui, mis à part intelligence de sa construction, sa plastique superbe et une sensibilité émouvante, s’inscrit pleinement dans l’histoire du septième art et la prolonge.




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