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Dans la lumière de Zouc, Tiphanie Bovay-Klameth

Lucas Vuilleumier

Par Lucas Vuilleumier · Publié le 7 décembre 2017 · 12 min de lecture

Dans la lumière de Zouc, Tiphanie Bovay-Klameth
@ Julien Mudry

Zouc nous manque, mais par bonheur Tiphanie Bovay-Klameth existe! A 33 ans, la comédienne vaudoise est la star des plateaux de théâtre romands avec «D’autres», un spectacle qu’elle rejoue à l’Arsenic ces jours et où elle dépeint les préparatifs d’une soirée de la société de gym de son village. A sa façon à elle bien sûr, même si on pense à Zouc, que l’on ne veut pas oublier.

Avec son nom à rallonge, on aurait envie de l’appeler «la nouvelle Zouc». Pour aller plus vite. Difficile de ne pas se laisser aller à la comparaison, d’autant que le talent de Tiphanie Bovay-Klameth a bien des choses à voir avec l’intensité qu’avait la dame noire du Jura sur les scènes suisses et françaises. Avec son spectacle «D’autres», créé à Lausanne et qu’elle joue depuis dans toute la Suisse romande, du Boulimie au Petithéâtre de Sion en passant par l’Arsenic, où elle a débuté une série de six soirées (encore quelques places, voir ci-dessous), Tiphanie Bovay-Klameth porte à la scène une manie de petite fille: l’imitation des autres. Alors que les enfants récitaient une poésie devant l’arbre de Noël, la gamine, elle, imitait les «Christine», ces dames du Bussigny de son enfance, réunies chaque fin d’année pour un spectacle de la société de gym qu’elle dépeint pendant une heure et demie d’un rire toujours guetté par les larmes. Car au milieu de ces préparatifs villageois, un deuil survient que ses personnages appréhendent comme ils peuvent, toujours désireux que la vie continue. Dans «D’autres», Tiphanie Bovay-Klameth arrache une portion d’humanité avec talent, et sans jamais se moquer ni forcer le trait. Comme chez Zouc, on reconnaît ses proches et on jubile, ce qui nous a donné envie de titiller la comédienne (une dernière fois!) au sujet de son grand modèle.

Cette comparaison avec Zouc est-elle agaçante?

Elle ne m’agace pas quand elle est liée à une forme de rapport au monde. Si on me compare en disant que c’est lié au fait qu’on joue des gens de notre quotidien et qu’on parle de l’humanité ça me fait plaisir. Si c’est parce que je suis ronde et que je m’habille en noir, je trouve ça réducteur et pas très intéressant, mais évidemment pour le jeu et l’énergie je suis flattée.

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