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La Mesolcina, son autoroute, ses sociétés-écran

Yves Genier

Par Yves Genier · Publié le 24 octobre 2017 · 3 min de lecture

La Mesolcina, son autoroute, ses sociétés-écran
La vallée grisonne, ici Rovedero, compte désormais près de 1600 entreprises pour 8300 habitants, soit une entité pour cinq personnes. - © DR

Une vallée grisonne mieux connue pour son trafic nord-sud et ses châtaignes que pour ses fiduciaires est en train de se faire une réputation dans le grand monde de la criminalité en col blanc. Ou quand le sud des Alpes prend la place des îles Caïman et des Iles Vierges britanniques.

Les paradis fiscaux adorent se nicher dans les lieux les plus improbables. Un modeste récif calcaire émergeant des eaux chaudes de la mer des Caraïbes sous le nom d’île Caïman est devenue la capitale mondiale des hedge funds et autres entités de la finance de l’ombre. Un modeste archipel d’îlots surgissant de la même mer est devenu le centre mondial des sociétés boîte aux lettres sous le nom d’Îles Vierges britanniques. Et une modeste vallée grisonne est bien partie pour devenir la capitale des sociétés-écran d’origine douteuse.
Le Val Mesolcina s’est récemment découvert en effet une vocation inattendue. Connue pour être un lieu de transit nord-sud sur l’axe du San Bernardino, la vallée située aux portes du Tessin compte désormais près de 1600 entreprises pour 8300 habitants, soit une entité pour cinq personnes. Un seul village, celui de Grono, mille habitants, parvient même l’exploit de concentrer une entreprise pour deux personnes! Un exploit pour une région agricole devenue progressivement une périphérie de Bellinzone.
Comme l’explique le gouvernement grison à la question posée par un député au Grand conseil, cette situation est la conséquence d’un durcissement de la pratique tessinoise en matière d’identification des organes et des adresses. Si bien que plus de 300 de ces sociétés ont migré juste de l’autre côté de la frontière cantonale.

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