Du droit international universel au droit international de coexistence


Démocratie, liberté, droits humains... l’Occident a longtemps cru ses valeurs appelées à s’imposer partout. Le monde multipolaire balaie cette évidence. Faut-il alors renoncer à l’universel ? Une autre voie est possible, celle d'un droit international qui ne chercherait plus à uniformiser l’humanité, mais à organiser la coexistence de ses visions du monde, sans prétendre qu’aucune d’elles détienne seule la vérité.
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L’émergence progressive d’un monde multipolaire soulève une question qui me paraît de plus en plus difficile à contourner : qu’adviendra-t-il du droit international dans un monde où aucune civilisation ne semble plus en mesure d’imposer durablement sa propre vision de l’humanité comme horizon commun ?
Pendant plusieurs décennies, la question semblait relativement simple. L’universalisme porté par l’Occident apparaissait comme l’horizon naturel de l’histoire. Les notions de démocratie, de liberté, de droits humains ou de gouvernance étaient présentées comme des références appelées, tôt ou tard, à s’imposer partout. Le droit international semblait alors pouvoir se construire autour d’un ensemble de valeurs considérées comme universelles.
Or cette évidence est aujourd’hui de plus en plus contestée. Non seulement par des États comme la Chine, l’Inde ou la Russie, mais aussi par de nombreuses sociétés qui refusent de réduire leur propre histoire à une simple étape sur le chemin d’un modèle occidental présenté comme l’aboutissement du développement politique et civilisationnel.




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