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Petite chronique de la vie quotidienne sous le règne de Xi Jinping

Michael Wyler

Par Michael Wyler · Publié le 30 mars 2018 · 7 min de lecture

Petite chronique de la vie quotidienne sous le règne de Xi Jinping
Pendant le congrès du Parti, les VPN (Virtual Private Network), qui permettent d'accéder à des sites comme Facebook ou WhatsApp sont bloqués. Sur Tian'anmen comme ailleurs. - © Papiers de Chine

La Chine, c'est 1400 millions d'habitants sur un territoire de la taille des Etats-Unis (326 millions d'habitants). Et chaque heure, 24/24 et 365 jours par an, naissent 1967 nouveaux petits Chinois. Connaître réellement ce pays, qui compte plusieurs villes de plus de 15 millions d'habitants et 41 villes de plus de 2 millions d'habitants? Impossible, même pour Xi Jinping. Michael Wyler est allé prendre le pouls de quelques uns de ses habitants.

Xi Dada (Oncle Xi) a sans doute lu, relu et mis en pratique la maxime de Sun Tzu, un général du 6e siècle avant J.-C. qui se plaisait à dire que «l’art suprême de la guerre, c’est soumettre l’ennemi sans combattre».

Déçu de n’avoir été élu qu’avec 99,86% des voix en 2013 (un député avait voté contre lui et un autre s’était abstenu), Xi Jinping a mis de l’ordre, fait embastiller quelques centaines de milliers de «cadres corrompus» (entendez: ses opposants) et renforcé le contrôle de l’Etat sur les médias et internet. Réélu avec 100% des voix, un score que lui envient les républiques bananières, il a pris la tête du club très fermé du «Cercle des Amis du Pouvoir Absolu», qui compte MM. Erdogan (Turquie), Poutine (Russie), Assad (Syrie), Al Sissi (Egypte) et quelques autres parmi ses membres.

Né avec une cuillère d’argent dans la bouche – son père était un des hommes forts du Parti communiste – Xi a passé les premières années de sa vie à Beijing, dans l’enclave luxueuse de Zhongnanhai, réservée aux hauts dirigeants chinois, qui y vivent comme de bons communistes, mais sans pour autant partager leurs nounous, cuisinières, chauffeurs et autre personnel de maison. Puis vint la révolution culturelle, la disgrâce du père et le retour en grâce. Chef de file des «princes rouges», descendants des anciens pontes du Parti, il dirige donc son pays avec un gentil sourire et une poigne de fer. Certes, il est Président de la Chine, un titre prestigieux niveau image, mais plutôt cérémonial (comme d’ailleurs Président de la Confédération), mais son pouvoir, il le tient au titre de Secrétaire général du Parti et Président de la Commission militaire, des fonctions de durée illimitée. Ah oui, il y a aussi un 1er ministre en Chine, Li Keqiang, mais bon…

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