Les tragi-comiques péripéties de la famille Schinken Pochon ///// En maison de repos pour une dépression provoquée par l'infidélité de Nadège et aggravée par la mort de Michel Bühler, Jacques-André Schinken est sous calmants. Quand il n’est pas en thérapie de groupe ou en séance avec sa psy, il regarde la RTS, ce qui augmente encore les effets des anxiolytiques. Comme il va un peu mieux, il pourra passer Noël en famille. Alléluia!
Jacques-André Schinken est professeur d’histoire-géographie, il vote socialiste, il a 56 ans. Nadège Pochon est psychologue, elle vote Vert Libéral, elle a 55 ans. Ils ont deux enfants, Simon-Pierre, 21 ans, étudiant en droit, et Prune, 19 ans, artiste.
Pierre-Pascal, l’infirmier-chef, est complètement déprimé, la France a perdu la finale de la Coupe du monde de football. Il est Français. Nous avons pu regarder le match dans le salon de l’unité des Roseaux – «qui plient mais ne rompent pas, comme vous», a coutume de dire Pierre-Pascal, sauf que dimanche, c’est lui qui a un peu rompu. Il a crié très fort contre l’arbitre, puis contre les Argentins, surtout contre leur gardien, un certain Martinez. Un autre infirmier lui a donné un calmant.
Je suis bien ici, au calme. Personne ne parle de boycotter la Coupe du monde ni d’envoyer des couvertures en Ukraine. On me donne des médicaments assez régulièrement, des fois j’oublie que Nadège m’a trompé avec un Dominicain. Mais quand même, heureusement que la République Dominicaine n’avait pas d’équipe au Qatar! La psychiatre dit que je pourrai sortir dès que mon humeur sera stabilisée. Je ne suis pas pressé, le monde extérieur est plein de dangers, la planète crie car elle a mal.






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