Littérature

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Metin Arditi, romancier, nourrit un rêve pacifique

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Metin Arditi, romancier, nourrit un rêve pacifique

Aussi invraisemblablement vrai qu’une pandémie dans un monde supposé sécurisé, «Rachel et les siens», brassant les heurs et malheurs de frères amis ou ennemis en terre promise et spoliée à de multiples égards, tend à nous rappeler que Juifs de tous bords, femmes fortes ou fragiles et Arabes tendres ou teigneux, chrétiens et musulmans fraternisant ou s’entretuant, voire homos collabos, procèdent de la même ressemblance humaine mais tardent plus que jamais à se parler…

Jean-Louis Kuffer

Parce que c’était elles

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Parce que c’était elles

Elle est la Zaza des «Mémoires d’une jeune fille rangée». Elisabeth Lacoin fut la grande amie de jeunesse de Simone de Beauvoir jusqu’à sa disparition brutale à l’âge de vingt et un ans. Jamais l’écrivain – comme Marguerite Duras, Simone de Beauvoir tenait à ce masculin – ne l’oublia et c’est en partie pour lui redonner vie qu’elle entreprit de raconter ses souvenirs. Initialement, Zaza apparaissait dans ce magnifique roman que sont «Les Mandarins». Mais Simone de Beauvoir en retrancha finalement les pages la concernant. Elle lui consacra aussi une nouvelle, restée inédite, qui paraît aujourd’hui sous le titre «Les inséparables».

Le Prix Veillon, aux origines d’une ardeur européenne

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Le Prix Veillon, aux origines d’une ardeur européenne

Le 5 octobre à Lausanne, le Prix Européen de l’Essai sera remis à l’italien Alessandro Baricco pour «The Game». La récompense remise par la Fondation Veillon a 42 ans sous cette forme, mais avant elle, il y avait un prix littéraire décliné en quatre langues et avant encore, un petit Journal pas banal fondé par Charles Veillon, patron éthique et fervent défenseur d’une fédération européenne. Plongée historique.

Anna Lietti

La colline inspirée

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La colline inspirée

«‘’Vézelay, Vézelay, Vézelay, Vézelay’’, connaissez-vous plus bel alexandrin de la langue française? J'en ai mieux aimé Aragon», écrit François Mitterrand dans La paille et le grain. Aux confins du Morvan, dressée sur son éperon rocheux qui se devine de loin, la basilique Sainte-Marie-Madeleine, merveille de l’art roman, a toujours fasciné. N’attirant pas seulement les pèlerins pour Compostelle. Mais aussi artistes et écrivains, nombreux à s’être établis à Vézelay, Romain Rolland, Jules Roy, Christian et Yvonne Zervos, Max-Pol Fouchet, Maurice Clavel et tant d’autres.

Le journaliste le plus suivi et le plus controversé

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Le journaliste le plus suivi et le plus controversé

Vous ne sauriez croire comme c’est merveilleux de finir sa vie comme journaliste. Grâce au journalisme, je suis encore dans la vie. Sans le journalisme je serais, comme tant d’hommes de mon âge, sur une voie de garage.» Ces propos, tenus devant la presse étrangère à Paris en 1963, sont de François Mauriac. Depuis dix ans, le romancier s’est mué en chroniqueur incisif de la vie politique au fil de ses fameux Bloc-Notes – ils viennent d’être réédités. De Gaulle, qui, comme Mauriac, disparaîtra en 1970, n’a pas alors de plus sûr soutien. Tandis que pour l’écrivain, ce nouveau rôle s’apparente à une seconde carrière, sinon une seconde vie.

Portrait de l’écrivain en saltimbanque

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Portrait de l’écrivain en saltimbanque

Dans quelques jours, comme à chaque fin d’été, le Livre sur les quais va battre son plein à Morges. Encore que, pour cette 11e édition, il ne sera guère question des quais et du spectacle du lac. Covid-19 oblige, pas de tentes aux signatures cette année, une poignée d’écrivains seulement et des rencontres confinées, si l’on peut dire, à quelques salles en ville et sur les bateaux. Fête néanmoins il y aura, à laquelle les élus se prêteront de bonne grâce. Aujourd’hui être écrivain ne consiste en effet plus seulement à publier, mais également à participer à de multiples événements, lectures, tables rondes, performances, créations collectives.

D’une guerre l’autre

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D’une guerre l’autre

Certains livres, romans, récits, sans qu’ils soient pour autant de nos auteurs favoris, nous habitent – mais pourquoi? – longtemps encore après les avoir lus. Quand bien même on ne se souvient que d’un climat, d’une atmosphère. C’est le cas d’un ouvrage, dont le titre m’avait intrigué à sa parution en 1977, Et Saint-Gingolph brûlait. On parlait alors beaucoup de son auteur, Henri Debluë, qui signait le livret de la Fête des Vignerons de cette année-là. J’y ai souvent repensé ces derniers mois, lorsque la Suisse avec ses rues, ses terrasses vides, ses hôtels désertés, offrait le visage d’un autre temps, d’une autre époque. Celle-là même qu’évoque Henri Debluë dans son livre.