
Nos émotions sont-elles des produits?
«Géopolitique des sentiments», Le Monde Diplomatique - Manière de Voir, 100 pages.

«Géopolitique des sentiments», Le Monde Diplomatique - Manière de Voir, 100 pages.

«Confessions d’un loser et autres romans», Mark Safranko, Editions La Croisée, 736 pages.

Formidable objet éditorial résultant de l’accointance éclairée des éditions Noir sur Blanc et du romancier-essaysite-traducteur-préfacier et (prodigieux) annotateur, la première intégrale en langue française des cahiers scribouillés du génial polygraphe scientifico-poétique, folle figure de sage des Lumières, apparaît, bien au-delà de ses recueils d’aphorismes, comme un «océan de pensée» fascinant par ses reflets de surface autant que par ses gouffres. Et maintenant plongez, nagez, noyez-vous, saoulez-vous le pied-léger!

Pendant de nombreuses années, les lecteurs et les lectrices du «Matin Dimanche» ont eu droit, entre des éléments d’actualité et de nombreuses pages de publicité, à une chronique «décalée», celle de Christophe Gallaz. Comme un accident hebdomadaire dans une machinerie bien huilée. Aujourd’hui, les Editions Antipode publient «Au creux du monde», un recueil de chroniques parues dans le journal romand mais aussi dans d’autres publications. Rencontre.

Libre
Alors que les médias traditionnels se voient contraints de réduire leur voilure, les médias indépendants se développent. Cet automne, «Bon pour la tête» fusionnera avec «Antithèse», un site qui, comme le nôtre, résiste au conformisme dominant et aux idées toutes faites. Pour nos abonnés actuels, le prix ne changera pas, ils accèderont simplement à plus de contenus.

L’histoire du cinéma témoigne qu’il est souvent plus efficace de suggérer les rapports érotiques entre protagonistes plutôt que de les montrer crûment. D’autant qu’ils n’apportent souvent rien à la compréhension du scénario ni à la profondeur des personnages. Moins on en fait, plus on en dit.
«Le Guépard», Tom Shankland, Netflix, 6 épisodes d’environ 60 minutes.

«Electric Miles», Fabien Nury, Brüno et Laurence Croix, Editions Glénat, 104 pages.

Face à la morosité de l’actualité, les grenouilles empaillées d’Estavayer-le-Lac représentant des scènes du quotidien offrent un peu d’autodérision. Car ne sommes-nous pas tous des petits êtres qui croassent et gobent les mouches?
L’esprit du temps et le commerce obligeant: tous devraient hurler de joie, au risque sinon d’être taxés de ronchons. Mais la fête obligatoire ne suppose-t-elle pas que tous y soient conviés? Et si l’on poussait alors la logique à bout: si tout le monde se ruait au Montreux Jazz Festival, rollators et vieilles peaux même en civières? Question grave: qu’en est-il de notre rapport à l’âge, entre jeunisme et gâtisme? Et si l’on détendait un peu l’atmosphère?

«La forteresse des âmes mortes», Sandrine Chenivesse, Editions Actes Sud, 480 pages.

«Chacal Hebdo», Dominique Ziegler et Alex Baladi, Editions The Hoochie Coochie, 128 pages.