La bataille De Gaulle «Ce film est une grosse escroquerie historique»

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Le diptyque La Bataille de Gaulle a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause : le film met en scène le général de Gaulle durant les années charnières de la Seconde Guerre mondiale. Il met aussi en évidence les visées américaines sur l’Europe, et sur la France en particulier, comme en témoigne le projet de l’AMGOT.

Beaucoup y ont vu un petit miracle, compte tenu des moyens engagés. Réalisé par Antonin Baudry, le film a été produit par Pathé avec un budget d’environ 75 millions d’euros, l’un des plus élevés du cinéma français ces dernières années.

À rebours de la plupart des commentaires diffusés sur les médias « alternatifs », l’historienne Annie Lacroix-Riz se montre très critique. Elle y voit une « grosse escroquerie » historique. Ses raisons ? Baudry omettrait nombre de précisions qui permettent, selon elle, de comprendre la figure du général et ce qui s’est joué sur le terrain.

Elle relève d’abord la place démesurée accordée à Roosevelt, présenté comme le moteur de l’hostilité envers de Gaulle. Une focalisation qui occulterait, dit-elle, la stratégie américaine de récupération des colonies des empires européens, sous couvert de libre-échange et de liberté des peuples.

Malgré sa critique de l’AMGOT, poursuit l’historienne, le film passe sous silence la faiblesse de l’engagement militaire américain à l’Ouest avant juin 1944, qui ne représentait qu’environ 6% des forces engagées, selon ses chiffres. Le front principal contre la Wehrmacht serait celui de l’Est, où l’Armée rouge fixe l’essentiel des divisions allemandes. Sur le sol français, archives à l’appui, elle attribue l’essentiel de la résistance armée aux communistes – la libération de Paris est essentiellement de leur fait, non celui de Leclerc. Quant aux bombardements alliés, ils détruisent dès 1942 des infrastructures stratégiques, dont les ports, et font selon elle plus de 75’000 morts.

De Gaulle, enfin, est montré comme hostile aux luttes partisanes. Il n’aimait pas le parlementarisme, mais restait proche des milieux conservateurs, explique l’historienne. Son entourage, rappelle-t-elle, se composait pour l’essentiel « d’hommes d’extrême droite et de fascistes distingués ».

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