Une peinture de la chair, une peinture de la vie

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 2 avril 2021 · 1 min de lecture

Une peinture de la chair, une peinture de la vie

Pat Noser, «Pair-impair», Espace Richterbuxtorf, Lausanne, jusqu'au 1er mai.

Pat Noser ne fait pas de chichis. Elle peint le monde tel quel, vivant, sans cesse en transformation, dans ses couleurs, dans sa beauté hasardeuse, dans ses différentes lumières, dans toute son innocence, dans sa trivialité. Pat Noser peint le monde avec une faim d’ogresse mais sans le juger, c’est tout à la fois appétissant et reposant. Née en 1960 à Aarau, elle est pratiquement inconnue en Suisse romande. C’est dans une galerie bernoise que Gilles Richter a découvert ses œuvres, dont il a aussitôt vanté les mérites à Régine Buxtorf, sa complice, et c’est ainsi grâce à eux que l’on peut aujourd’hui écarquiller des yeux réjouis devant les toiles de la peintre. Des sardines dans leur boîte, des fleurs dans un champ, une place de Bienne sous la pluie, un coucher de soleil sur Manhattan, du liquide vaisselle, un bocal de tomates dégustées dans la zone irradiée de Tchernobbyl, le visage de l’artiste avec de multiples expressions, une tête de cochon, des saucisses dans un bol, un pénis, le rire «sardonique» d’un chimpanzé…  C’est la plupart du temps peint à l’huile, je ne sais pas si c’est plus difficile ni si c’est plus beau mais ça vibre. Sur la toile, par les coups de pinceaux, dans le corps et l’esprit de qui s’arrête devant les tableaux. C’est épatant.

Espace Richterbuxtorf  

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