Une jeune fille brune n’en finit pas de nous faire retrouver le temps


Le dernier livre de l’auteur belge Michel Lambert, intitulé «L’Adaptation», évoque la préparation d’un film inspiré par «La jeune fille brune», autre roman du grand écrivain serbe Alexandre Tisma, où il est question de la révélation amoureuse d’une seule nuit, donnant lieu à une quête éperdue. Sensualité et mélancolie, sur fond d’âpre réalité, imprègnent ces deux projections romanesques «en miroir» d’une vibrante humanité.
Sommaire
Il y a de la scène
primitive, d’une folle intensité, dans la rencontre d’une nuit, pour ainsi dire
océanique, qui se réduit apparemment à l’effusion sensuelle de deux jeunes gens
que les circonstances sépareront au matin, au regret probable de la jeune
fille que le jeune homme écervelé n’aura pas su retenir.
Y avait-il de quoi
faire un roman de cette fusion purement sexuelle de deux jeunes gens qui se
sont rencontrés le soir même, dans des
circonstances dont le côté scabreux frise le sordide?
C’est évidemment la
question qu’on pourrait se poser «à froid» sans avoir lu les premières pages de
La jeune fille brune d’Alexandre
Tisma, qui nous plongent immédiatement dans l’atmosphère glauque de ce premier
hiver d’après la guerre où le sexe effréné relève de la compulsion quasi collective.




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