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Une BD qui moralise l’histoire, la CGN «victime» d’une quenelle et sus aux seins nus

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 31 août 2020 · 3 min de lecture

Une BD qui moralise l’histoire, la CGN «victime» d’une quenelle et sus aux seins nus
© DR

L’histoire contemporaine est un bon sujet de bande dessinée, sauf quand les auteurs n’en saisissent pas les paradoxes. Le polémiste Alain Soral a fait un geste considéré comme antisémite et le président de la CGN craint pour la réputation de sa compagnie. Des gendarmes interdisent les seins nus sur une plage française: la morale et la connerie sont décidément cycliques.

Les Editions Glénat ont publié le troisième et dernier tome de la bande-dessinée La Cagoule, un fascisme à la française. Le sujet aurait pu être passionnant: la Cagoule est un mouvement un peu oublié des années 30, anti-communiste et comploteur – oui, il n’y a pas que des complotistes, aussi des complots. Sauf que la BD est sans aspérité, un peu nunuche. On comprend pourquoi en lisant l’interview des auteurs à la fin  du premier tome. A la question «pourquoi avez-vous choisi de parler de la Cagoule?», ils répondent: «La Cagoule, ce sont vraiment des méchants. (…) L’avantage, c’est qu’elle perd, elle est détruite à la fin de l’enquête…» Plutôt que cette moraline, ce qui est intéressant avec la Cagoule, c’est que pendant l’occupation allemande en France il y a eu des cagoulards tant dans la résistance que dans la collaboration, que des ennemis se sont retrouvés alliés et que des amis se sont opposés. L’histoire est souvent moins caricaturale et plus paradoxale qu’une aventure des Schtroumpfs.                   

***

Le président de la CGN, Benoît Gaillard, n’est pas content. Le Matin Dimanche lui a montré une photo du «polémiste d’extrême-droite» Alain Soral faisant une quenelle au bord du lac, à Lausanne, avec en arrière-plan un bateau de la Compagnie générale de navigation. La quenelle, inventée par le sulfureux Dieudonné, est considérée comme un geste d’extrême-droite et antisémite. Alain Soral vit à Lausanne depuis le début de l’année et la municipalité de la capitale vaudoise «garde un œil sur lui». Mais revenons à Benoît Gaillard: «Nous allons écrire à Alain Soral pour lui demander de le [le cliché de lui devant le bateau] retirer immédiatement». Selon Le Matin dimanche, le président de la CGN juge que «l’image fait clairement un lien, non justifié, entre la compagnie et un acte illicite». Qui se dévoue pour lui expliquer que personne, mais alors vraiment personne, ne pense que la CGN est d’extrême droite et antisémite? Qui va lui expliquer que la question n’est pas là?

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Patrick Morier-Genoud