Seymour Hersh, un demi-siècle de révélations dans les coulisses du pouvoir


S’intéresser à Seymour Hersh, c’est plonger dans la fabrique de l’information en Occident depuis la guerre du Vietnam. Avec son lot de manipulations, d’opérations secrètes, de crimes de guerre et de compromissions. Netflix a récemment consacré un documentaire à la vie et à l’œuvre du célèbre journaliste d’investigation américain.
Sommaire
«C’est un enfoiré, mais il se trompe rarement.» C’est ainsi que le président américain Richard Nixon a qualifié le journaliste d’investigation Seymour Hersh. Du scandale de Dugway aux programmes MK-Ultra et CHAOS de la CIA, en passant par la torture dans la prison américaine d’Abou Ghraib et le sabotage des gazoducs Nord Stream, la carrière de Seymour Hersh couvre plus de 50 ans de compromissions et de manipulations des élites occidentales.
Réalisé par Laura Poitras, à qui l’on doit aussi Citizenfour (sur les révélations d’Edward Snowden), le documentaire revient sur la vie et les principaux faits d’arme de celui qui est aujourd’hui, légitimement, considéré comme le plus grand journaliste d’investigation encore vivant. Le film n’omet rien, ou presque.
Le Pulitzer, et des moutons morts
Hersh est né en Lituanie en 1937 dans une famille juive (le nom de famille de son père est Hershowitz). Ses parents migrent aux Etats-Unis avant la guerre. Après une enfance qui ne le destinait en rien au journalisme, une série de rencontres le conduit à travailler au bureau d’information de la ville de Chicago, puis à l’agence Associated Press. Il se consacre immédiatement à l’enquête. Un journaliste doit «mettre au jour des secrets et des faits», souligne-t-il. C’est ce qu’il fera toute sa vie.



Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.