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Quand les super-profs se prennent les pieds dans le tapis

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 25 mars 2019 · 4 min de lecture

Quand les super-profs se prennent les pieds dans le tapis
L'Université de Saint-Gall a été classée première au monde en 2017 par le Financial Times pour son master en management. - © Wikipedia

Les deux hautes écoles les plus prestigieuses de Suisse alémanique sont en crise. Diverses affaires démontrent que leur gestion, à la fois rigide et laxiste, doit être revue de fond en comble. Des professeurs se sont indûment enrichis à Saint-Gall, dans le temple international du management, une accusation de mobbing empoisonne le climat à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Cela ne pouvait plus mal tomber. En juin, le parlement cantonal saint-gallois doit voter un crédit de 90 millions pour déplacer la célèbre HSG de sa colline vers la ville. Or, la commission des finances a jeté un pavé dans la mare. Elle a trouvé des notes de frais exorbitantes, des mandats extérieurs douteux, un institut qui s’enfonce dans les déficits. Les députés exigent un examen complet et approfondi de ce qui se passe dans cette maison.

Ironie: ce sont des professeurs de droit, d’économie et de management qui sont maintenant poursuivis pénalement pour avoir abusé des frais. Vols en première classe, dépenses personnelles sur le compte de l’école… Jusqu’à 150’000 CHF pour un seul de ces messieurs. D’autres sont accusés d’avoir fait travailler les étudiants pour leur propre entreprise. Enfin l’institut de formation continue en économie européenne du professeur Carl Baudenbacher, une sommité internationale par ailleurs très engagée contre l’accord-cadre, vient d’être fermé. Il accumulait un million de déficit, en dépit des subventions et des écolages (36’000 CHF par étudiant). Un observateur avisé a eu cette formule: «Il s’est développé une mentalité de self-service.»

Que le rapport accablant ait été révélé au public n’a pas plu… à ses auteurs, qui ont déposé plainte pénale contre le ou les coupables des fuites. Mais tout a été raconté dans les journaux locaux. La direction de l’école a tenté le plus longtemps possible de se montrer sereine dans le registre du «nous réglons les problèmes en famille». Le malaise devant un tel gaspillage des fonds publics a pris cependant une telle ampleur que ces derniers jours, le ton a changé. Le rectorat s’est fendu d’une lettre au Grand Conseil où il jure que tout rentrera dans l’ordre et admet que l’établissement «doit revoir fondamentalement sa culture d’entreprise». 

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