Quand Irina et Andrija plombent le vent d’est de lourds présages


Deux auteurs quadras, le Serbe Andrija Matić, dans «L’égout», et la Russe Irina Bogatyreva, avec «Camarade Anna», scrutent le présent et le futur de leurs pays respectifs, avec talent, lucidité panique ou tendre désarroi.
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Vingt ans après l’explosion de l’entité yougoslave et l’implosion de l’empire soviétique, deux écrivains qu’apparentent leur jeune âge au moment de ces séismes, leur vive sensibilité et leur capacité de transformer le magma des faits en œuvres significatives, prouvent une fois de plus que la littérature conserve une fonction majeure dans la perception et l’interprétation de la réalité, à discuter ensuite sur pièces.
De fait, ni l’un ni l’autre de ces deux écrivains ne prétend au rapport objectif ou à la vérité générale. Le premier, Andrija le Serbe, force en effet le trait en expressionniste lanceur d’alerte, et la seconde, Irina la Russe, concentre son observation sur une fraction de la nouvelle réalité évidemment partielle. Mais les deux visions sont saisissantes et méritent attention et réflexion.
Un avenir radieux à souhait…
Les lendemains qui déchantent ont encore de l’avenir en Serbie, à en croire Andrija Matić, dont L’égout (initialement publié en 2009, il faut le préciser) anticipe, au tournant de l’an 2024, un tableau pour le moins réjouissant!




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