Pour nager en 2019 à contre-courant de la meute


A l’avant-garde d’une série de contre-utopies révélatrices parues en 2018, et avant le nouveau Houellebecq, la dystopie d’Olivier Silberzahn, «Journal d’un nageur de l’ère post-Trump», vaut le détour au futur antérieur. Où le crawleur solitaire en «calosse» de bain nous met en garde contre la régression. Après d’autres propos éclairants, sur les gilets jaunes, du penseur allemand Peter Sloterdijk…
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La meute va se déchaîner ces prochains temps «autour» du nouveau roman de Michel Houellebecq, non pour en parler en connaissance de cause mais pour se «positionner» vite fait d’un texto lapidaire ou d’un tweet péremptoire, assortis des émoticons appropriés, entre «j’adore» et «je dégueule», «top sympa» ou «grave facho», pouce en l’air ou grimace «grrr»…
Or, quand j’écris «la meute» je ne parle pas des honorables lectrices et lecteurs, ni de ce qu’on appelle «les gens» (ou plus hypocritement «les vraies gens»), mais de cette nouvelle catégorie sociale qui ne s’exprime plus que par emballement médiatico-numérique aussi spontané qu’aveugle et rageur, mondialement boostée par les réseaux sociaux.
Depuis le 7 janvier 2015, et plus récemment avec l’explosion de colère des gilets jaunes, la distinction entre la meute, devenue Charlie en un soir, et la communauté humaine des gens personnellement horrifiés par le déchaînement de la violence, ou la meute hurlant au fascisme d’État, et les gens personnellement indignés pour de bonnes raisons de précarité, me semble devenue l’exercice individuel le plus important d’un esprit libre soucieux de ne pas se laisser emporter par la vague du «grand n’importe quoi»…




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