Nicolas de Staël a poussé l’art jusqu’à son point de rupture


Une merveilleuse exposition, à Aix-en-Provence, et la correspondance du grand peintre (1914-1956), éclairent, d’une lumière irradiante et tragique à la fois, la destinée d’un quêteur d’absolu déchiré par la passion...
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Il est émouvant de découvrir la ville natale de Paul Cézanne, un peu plus d’un siècle après la mort de celui qui marqua une première rupture dans la représentation picturale du XXe siècle, au seuil de l’abstraction, les œuvres «provençales» de Nicolas de Staël qu’on pourrait dire, sous la lumière incandescente du Midi, le deuxième messager des dieux qui poursuive, et achève peut-être, par delà toute «littérature», avec des couleurs et des formes d’une pureté inégalée, l’aventure et la quête sacrée de l’art occidental.
Or ladite aventure, à la fois artistique et existentielle, a été marquée pour Nicolas de Staël, et particulièrement en Provence dans les trois dernières années de sa vie, par une véritable explosion créatrice – comparable à certains égards à celle du dernier Van Gogh – alors même que sa joie de travailler se trouvait plombée par un doute croissant qu’une passion amoureuse dévorante compliquait de surcroît.
Pour l’artiste, qui avait vécu des années de vache enragée, un succès grandissant sur le marché de l’art, notamment américain, avait constitué un facteur déstabilisant qui motivait son «retrait» provençal, d’abord à Lagnes avec sa petite famille, puis à Ménerbes dont il investit seul la ruine du château pour en faire son atelier.




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