Ne devenez plus propriétaires!


Le magazine libéral britannique The Economist soutient l'économie de marché de toutes ses forces. Pourtant, il dénonce les politiques d'encouragement à la propriété du logement, qu'il qualifie d'«horrible maladresse». Ça tombe bien, les Suisses votent sur le sujet le 9 février.
Sommaire
Encouragé depuis plus d’un demi-siècle, l’accès à la propriété du logement est l’un des piliers des politiques économiques et sociales des pays occidentaux. Ses partisans, également nombreux en Suisse, n’y voient que des avantages. Devenus propriétaires de leurs appartements ou villas, les gens ont le sentiment d’avoir une meilleure maîtrise de leur cadre de vie, de se montrer plus respectueux de leur environnement (et donc de leurs voisins), et de participer à la prospérité générale grâce à l’augmentation de la valeur de leurs biens. Bref, la propriété du logement est la matrice de la classe moyenne, fondement de la démocratie libérale.
Le problème, c’est que le revers de la médaille est bien plus important que sa face, estime The Economist, un magazine pourtant très libéral et vigoureusement engagé en faveur du libre-marché. D’abord parce que les petits inconvénients de la vie quotidienne sont légion: les coûts annexes du logement sont énormes; celui qui place son argent dans des actions réalise, sur la durée, une plus grande plus-value que s’il l’investit dans son logement. De plus, on devient prisonnier de son logement quand on est propriétaire. Et des fois même, insupportable pour les autres, notamment lorsque l’on empêche des projets de nouvelles constructions parce qu’on ne veut pas qu’ils nous gâchent la vue.
«Pas dans mon jardin»
Mais il y a bien plus grave. C’est de la multiplication des petits propriétaires à la limite de l’étranglement financier que naissent les crises immobilières telle celle de 2008. La multiplication des débiteurs hypothécaires incapables de faire face à leurs échéances avait précipité, de proche en proche, le désastre qui a entraîné notamment la faillite de Lehman Brothers, la quasi-faillite d’UBS et, par ricochet la crise grecque et débouché sur l’absurdité actuelle que sont, en Suisse, les taux d’intérêt négatifs. En clair, la multiplication des petits propriétaires, c’est la bombe atomique de l’économie.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.