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Le baby-boom des maisons de naissance aura-t-il lieu?

Diana-Alice Ramsauer

Par Diana-Alice Ramsauer · Publié le 30 octobre 2017 · 9 min de lecture

Le baby-boom des maisons de naissance aura-t-il lieu?
Si le CHUV tarde à ouvrir sa maison de naissance, d’autres, privées, à l'image d'Eden à deux pas de là, pourraient progressivement arriver sur le marché. - © Eden

Maternités traditionnelles ou maisons de naissance? C’est une question que se posent de plus en plus de femmes et de couples lors de l’arrivée d’un enfant. Pour celles et ceux qui voudraient une solution intermédiaire, il y aurait bien la future maison de naissance au CHUV annoncée pour 2018. Mais verra-t-elle seulement le jour? Rien n'est moins sûr.

2% à 3% des enfants nés en Suisse l’an dernier l’ont été dans une maison de naissance, comprenez un lieu non-médicalisé. Et ce chiffre pourrait bien augmenter ces prochaines années. Un exemple? Celui du canton de Vaud où trois nouvelles structures – privées – ont déjà ouvert ou sont sur le point d’ouvrir. Elles ne sont pas les seules. Le CHUV aussi s’y intéresse. Cela fait maintenant plus de cinq ans que le Centre hospitalier planche sur un projet de chambres de naissances naturelles. Planchait? L’ouverture très prochaine (imminente?) de la petite maison Eden à deux pas du CHUV pourrait bien en effet contrecarrer les plans du géant. Au point – qui sait? – d’obliger l’hôpital cantonal à tuer son projet dans l’œuf.

Sage-femme responsable à Eden, qui termine ces jours avec succès son crowdfunding, Alexandra Dousset, a beau estimer en toute bonne foi que ces deux «structures ne sont pas concurrentes», difficile de ne pas voir l’évidence. La philosophie des deux lieux est certes différente mais leur démarche est bien la même: permettre aux femmes d’accoucher sans avoir recours à une aide médicalisée. Quel scénario va primer? L’ouverture dans le même quartier de deux maisons de naissance (parce qu’elles répondent aux besoins du marché)? Ou l’abandon d’un des deux projets? En l’occurrence, l’institut Eden a pris de l’avance: «Tous les locaux sont prêts, il nous manque encore juste les autorisations officielles finales», nous annonce-t-on. Le CHUV, pour le moins gêné aux entournures, préfère pour l’instant ne pas répondre à nos questions même s’il reconnaît être bel et bien «en discussion avec la maison Eden».

Un accompagnement global

Douter de la non-concurrence des deux systèmes ne veut pas dire ne pas voir les différences de prises en charge. Eclaircissements d’Alexandra Dousset: «Le CHUV est une structure de soins. Chez Eden, nous voulons sortir de ce milieu hospitalier. Etre une alternative, un lieu réservé à la naissance.» Contrairement à la structure publique donc, cela implique un accompagnement global, des rencontres régulières entre les sages-femmes et les femmes ou les couples. «Ce sont des choses qui ne sont pas possibles dans le public. Alors qu’en créant une structure privée, ça l’est». Aucune différence en revanche pour ce qui concerne les coûts et la prise en charge: dans un cas comme dans l’autre, le remboursement de l’accouchement est total.

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