Marcel Proust et le charme vénéneux d’Albertine….

(Ici Anna Karina dans Vivre sa vie de Jean-Luc Godard). - © DR
On se souvient peut-être que le narrateur ayant enfin réussi à capturer Albertine, l’insaisissable Albertine, et à l’installer dans l’appartement de ses parents, constate désabusé: «Je sentais que ma vie avec Albertine n’était pour une part, quand je n’étais pas jaloux, qu’ennui et pour l’autre part, quand j’étais jaloux, que souffrance» – réflexion qui, bien sûr, évoque aussitôt Schopenhaueur.
Mais Albertine a le don inné de déjouer les sombres prédictions du philosophe, d’aiguiser les souffrances, de semer le trouble autour d’elle, de jouer sur des identités multiples et contradictoires, de telle sorte qu’elle s’impose, avec Charlus, comme le personnage le plus fascinant de La Recherche, roman qui n’aurait vraiment pas été son genre.




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