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«Virage écologique» au PLR… vraiment?

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 5 août 2019 · 5 min de lecture

«Virage écologique» au PLR… vraiment?
Petra Gössi, présidente du PLR. - © Facebook / Petra Gössi

Nos grands médias en ont parlé et reparlé, jusqu’à saturation. C’était l’événement de ces derniers mois dans le domaine de la politique partisane en Suisse: le «virage écologique» du Parti libéral-radical. Or, à regarder les choses d’un peu plus près, il apparaît que ce virage n’en est pas vraiment un. Petite rétrospective historique.

Sommaire

C’est la grande (im)posture de l’époque: la surprise. Paradoxalement, si le partage rapide de l’information et l’accès illimité aux contenus en tout genre ont créé une génération d’ados blasés, nombreux sont les individus à jouer les grands surpris à des occasions diverses et variées. Il fait si bon adopter la figure de la vierge effarouchée qu’il ne se passe pas un jour sans qu’un hurluberlu – souvent de bonne volonté – ne se dise surpris, voire indigné ou même choqué. S’il y a bien quelque chose de choquant, c’est cette indignation permanente d’une génération qui n’a pourtant pas connu la guerre.

Aussi les médias de grand chemin n’échappent-ils pas à la règle: tel propos de Donald Trump est «scandaleux» ou, sous forme d’euphémisme faussement descriptif, «fait scandale»; telle chanteuse «a créé la surprise» avec son nouvel album; tel événement est «inédit». Si bien que, même si nous trouvons une information tout à fait banale, la manière dont elle nous est présentée par un journal ou une radio peut à la longue nous inculquer un jugement sincère d’étonnement: «c’est fou, quand même», nous exclamons-nous alors.

Le virage imaginaire

La surprise et l’indignation n’ont pas manqué de se manifester lors de ce que la presse suisse allait bientôt nommer en une métaphore mouvementée le «virage écologique» du Parti libéral-radical. La surprise, d’abord. Attention, scoop: les libéraux helvétiques ont enfin saisi la mesure du changement climatique et ont ainsi changé radicalement la ligne de leur parti, se prononçant par exemple pour une taxe sur le carbone. Qui l’eût cru? Gloire à Greta et aux marches pour le climat de leur avoir ouvert les yeux, pouvait-on lire, entre les lignes ou explicitement.

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