La résurrection de Zil Zelub


- © Le Labyrinthe, p 22, Guido BUZZELLI œuvres I, Cahiers Dessinés 2018
Les Cahiers dessinés publient un magnifique album avec quatre récits dessinés de Guido Buzzelli. Cela faisait une trentaine d’années que le dessinateur italien, mort en 1992, n’avait plus été réédité. Il avait été découvert au début des années 70, notamment dans le journal «Charlie mensuel». Son œuvre est toujours aussi indocile.
Sommaire
Découvrir les bandes dessinées de Guido Buzzelli, au début des années 70 dans le journal Charlie Mensuel, était tout à fait déconcertant. L’auteur ne semblait pas parler de politique – il ne dessinait pas de «CRS=SS», représentait les corps dénudés avec une sensualité rare mais sans se revendiquer de l’érotisme, n’utilisait pas de références hippies et n’était jamais béat, au contraire, tourmenté, tout en semblant ne pas se prendre au sérieux alors qu’il prêtait son physique au personnage principal de ses récits.
Ça changeait, ça interloquait, ça désarçonnait, c’était à la fois beau et intelligent, plus proche de la littérature et du dessin classique que de la BD. Il n’y avait là rien de distrayant, de consensuel, pas de manichéisme mais un effroi existentiel soutenu par un humour noir impeccable.
Et puis, au début des années 90, Guido Buzzelli a disparu. Physiquement, mourant le 25 janvier 1992 à Rome, à l’âge de 65 ans, mais aussi publiquement, personne n’ayant la bonne idée de le rééditer depuis cette époque, ou alors confidentiellement. Personne, jusqu’à ce que Frédéric Pajak fasse reparaître aux Cahiers dessinés quatre récits: Le labyrinthe, Zil Zelub, Annalisa et le diable, ainsi que L’interview, dans un beau volume intitulé Buzzelli, œuvres I. Un volume à la fin duquel un chapitre Documents présente de nombreux et magnifiques croquis préparatoires et dessins.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.