La plus grande maternité de France dans une île minuscule et tourmentée

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 2 avril 2018 · 2 min de lecture

La plus grande maternité de France dans une île minuscule et tourmentée
Une femme en Salouva, tenue traditionnelle des femmes mahoraises, devant le Centre Hospitalier de Mayotte. - © Stephan Engler

Les flocons de l’empire colonial français s’en tirent plus ou moins bien. Il y en a un qui donne bien des soucis. L’archipel des Comores, acheté en 1842 à un sultan local par la France s’est vu offrir l’indépendance en 1974. Trois de ses îles acceptèrent et constituent aujourd’hui un Etat. La troisième, Mayotte, refusa. Elle devint dès 2011 (merci Nicolas Sarkozy!) le 101e département français. Depuis lors les Comoriens débarquent en masse sur ce territoire de la République qui se trouve débordé. En particulier la maternité où les femmes des îles voisines viennent accoucher pour que leurs enfants soient français... et européens. Le photographe Stephan Engler, familier de ces lieux, s’y est rendu.


Texte Antoine Thibaut Paris
Photos Stephan Engler de retour de Mayotte


C’est un record: en 2017, l’hôpital de Mayotte a vu naître 9514 bébés. Français en vertu du droit du sol. Officiellement, la population est de 257’000 habitants (la plus forte concentration de France, hors Paris, par rapport au territoire). Mais on compte des dizaines de milliers de clandestins. Il en arrive tous les jours des îles voisines, à bord de petits bateaux de pêche rapides, les kwassas-kwassas. La situation sociale devient explosive. Mayotte est déjà le département le plus pauvre, on y vit de la pêche, de l’agriculture, du tourisme (très modeste)… et des allocations familiales. Le chômage est massif. L’exaspération monte. L’île est paralysée depuis un mois par une grève générale: les routes et ports sont bloqués, coupures de courant, les magasins ne sont plus approvisionnés, ainsi que l’hôpital où les médicaments manquent.

Le précaire équilibre qui a prévalu grâce aux structures traditionnelles de la société. Ainsi la justice est rendue par des sages locaux, les cadis qui s’appuient sur la doctrine musulmane de rite chaféite et des règles coutumières de l’Afrique de l’Est. Leur autorité en qualité de juges et de notaires est officiellement reconnue, en complément de l’appareil judiciaire français, dans un entrelacs de compétences compliqué. Ce qui n’empêche pas la criminalité d’exploser: attaques de rues, vols, trafics de drogues diverses. Des anciens habitants ont même été chassés de leurs maisons par les nouveaux venus.

Devant la colère qui monte dans la population, le gouvernement, à 8000 kilomètres de là, multiplie les promesses: il enverra des gendarmes, il ouvrira un nouvel hôpital. Personne ne croit que cela suffira à ramener le calme de «l’île des parfums» si longtemps parée d’une image idyllique.


Faites défiler les photos, pour voir l’intégralité du reportage!

Réception pour les visites.

Réception et distribution des tickets avec le numéro des chambres

Réceptionniste et tickets des chambres 

Horaires des visites.

Personnel hospitalier en plein rush.

Mahoraise en Salouva.

Chambre de travail avec vue tropicale.

Checking de l’ambulance.

La chambre de soins.

Infirmière avec nouveau-né.

Infirmière avec nouveau-né.

Soins d’un nouveau-né.

La salle de réveil.

Bensaidin né il y a moins d’une heure et demie.

Fille ou garçon?

Chaussons pour bébés.

Personnel hospitalier toujours en action.

La famille Rizik.

Madame Rizik avec le petit dernier.

Gestion administrative de la puériculture.

Dames en Salouva au CHM.

Suivi des patientes.

Hôpital CHM à Mamoudzou la plus grande ville de Mayotte.

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