Réservé aux abonnés

La marmite politique bouillonne sur le net

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 28 juin 2024 · 4 min de lecture

La marmite politique bouillonne sur le net
Echantillon des discussions politiques qui agitent Tiktok.

Que cela plaise ou non, le fait est que la jeune génération laisse tomber les médias traditionnels et préfère les réseaux sociaux. Ceux-ci surchauffent en France ces temps-ci. C’est la bousculade des petites vidéos sur Tiktok, Instagram et autres. Tout le monde s’y met. Les partis s’y ruent. Plus timidement les télés, les radios, les journaux aussi, pour rappeler qu’ils existent. Tous entremêlés avec les interventions des simples pékins. Chacun y va de son témoignage, de son choix politique, de son état d’âme du moment. Naviguer dans cette pâtée n’est pas aisé. Avec quelles conséquences?

Sur les réseaux, le plus futile et le plus grave se télescopent. Les algorithmes des plateformes finissent par définir ce qui intéresse chacun et trient un peu, mais c’est long et cela ne dispense pas vraiment du chaos. Personne n’échappe à l’apparition de quelques créatures, plus ou moins séduisantes, ravies de se montrer et de se confier face à l’inconnu.

Mais il n’y a pas mieux pour prendre la mesure du désarroi français actuel, de la détestation du Président, des cris d’espoirs opposés et de toutes les peurs qui émergent ainsi au grand jour. Les analystes solides y montrent le bout du nez mais s’expriment mieux sur d’autres supports.

Alors quelles sont les tendances? Sans préjuger des résultats finaux. La montée des discours du RN est spectaculaire. Pas seulement en raison du champion surdoué des influenceurs, Bardella, très assidu. Des fiérots qui se gargarisent de formules ultra-patriotiques aux tranquilles retraités sur les marchés, sur le ton «je vote RN mais je ne suis pas raciste». Des voix de tous âges qui disent un ras-le-bol diffus, un besoin de changement, flou ou pas qu’importe. Mais aussi de violents coups de gueule contre les Arabes, les Musulmans: «Dehors!» Les aversions latentes s’expriment soudain sans la moindre gêne.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

La neutralité, la gauche et la guerre

GéopolitiqueArticle

La neutralité, la gauche et la guerre

La gauche suisse, historiquement porteuse des luttes pour la paix, se retrouve divisée face à l'initiative sur la neutralité. Tandis que PS, Verts et SolidaritéS rejoignent une union sacrée avec la droite et les milieux économiques pour la combattre, une minorité pacifiste et internationaliste y voit au contraire un outil de non-alignement face aux impérialismes. Entre désir de sanctions, dépendance croissante à l'OTAN et bons offices oubliés, cette fracture interroge: comment les gauches peuvent-elles retrouver un chemin commun vers la paix?

Anne Voeffray

Fasciste! Antisémite! Extrême droite! Ou quand la politique touche le fond

GéopolitiqueArticle

Fasciste! Antisémite! Extrême droite! Ou quand la politique touche le fond

A force d’être brandies à tout propos, ces étiquettes finissent par vider les mots de leur sens et par empêcher tout débat contradictoire. Une dérive qui n’est pas sans conséquences pour la démocratie. Et qui finit même par se retourner contre ses auteurs en alimentant le succès des partis qu’ils cherchent à marginaliser. La cause des succès récents de l’AfD en Allemagne n’est pas à chercher ailleurs.

Guy Mettan

100 % Mabrouk: la France en boucle fermée

GéopolitiqueArticle

100 % Mabrouk: la France en boucle fermée

Arrivée fin août sur BFMTV avec «100 % Mabrouk», Sonia Mabrouk s'est imposée comme l'une des voix les plus écoutées et les plus disputées du paysage audiovisuel français. Son ascension raconte, mieux qu'aucune autre trajectoire, comment les thèmes de la droite radicale ont fini par occuper l'intégralité de l'antenne, à quelques mois d'une présidentielle où le voile, l'immigration et le déclin identitaire tiennent lieu de programme. Décryptage.

Sid Ahmed Hammouche