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La Lombardie polluée par ses cochons

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 3 juillet 2020 · 3 min de lecture

La Lombardie polluée par ses cochons
L'élevage intensif de porcs pollue la Lombardie par une surabondance de fumier. - © DR

Il n’y a pas que le coronavirus qui soit néfaste pour la santé des habitants de la Lombardie. Cent soixante-huit communes de cette région italienne sont exposées à un risque environnemental en raison des charges excessives d'azote liées à l'élevage intensif de porcs et de bovins. Le magazine italien «L’Espresso» publie une enquête de Greenpeace.

Sommaire

En Italie du Nord, la Lombardie a été durement touchée par la pandémie de COVID-19, on le sait. Ce qu’en revanche on sait moins, c’est que la région souffre d’un autre mal, moins spectaculaire mais également nocif. «En Lombardie, une commune sur dix est menacée par la pollution due à l’élevage intensif», explique L’Espresso dans un article publié début juin.

Le problème, c’est l’azote, dont le taux est trop élevé dans 168 communes lombardes. Il est produit par le fumier provenant des élevages de porcs et de bovins. Des élevages excessivement nombreux: la Lombardie est la première région d’élevage d’Italie, on y élève 50% des porcs et 25% des bovins du pays, il s’y trouve près d’un porc pour deux habitants, soit environ 180 cochons au kilomètre carré.

Où est le problème? Le fumier n’est-il pas un excellent engrais? Sans doute, sauf que lorsque ce fumier est trop abondant, l’azote qu’il produit l’est aussi et peut devenir un danger pour l’environnement et la santé. «Il existe une relation entre l’exposition chronique aux nitrates − dérivés de l’azote − et une incidence plus élevée de cancer chez les adultes», affirme Carlo Modonesi, membre du comité scientifique de l’Association médicale pour l’environnement (ISDE). Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une émanation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a quant à lui inclus les nitrates dans le groupe des «cancérogènes probables pour l’homme». Ceux provenant des exploitations agricoles entrent en contact avec les humains «par exemple lorsque l’eau qui alimente les villes est puisée dans des poches souterraines polluées», précise Carlo Modonesi.

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