La fabrique médiatique de l’ennemi russe : quand l’information devient une arme de guerre


Comment les médias occidentaux en sont-ils venus à considérer la Russie comme une menace permanente, au point de brouiller la frontière entre critique politique et russophobie ? Une analyse de la presse internationale et de son évolution depuis la fin de la guerre froide permet de retracer les étapes d’une dérive médiatique qui contribue à alimenter les tensions entre la Russie et l’Occident.
Sommaire
Les médias occidentaux sont-ils russophobes ? « Jamais de la vie ! » répondent-ils en chœur quand on les questionne à ce sujet. « Nous critiquons Poutine, la guerre non provoquée en Ukraine, les attaques russes contre la démocratie mais nous ne sommes pas racistes », assurent-ils. Il y a pourtant des signes qui ne trompent pas.
La proscription de la chroniqueuse du JDD Xénia Fedorova, applaudie par l’immense majorité des médias français, en est un. Elle trahit une attitude de rejet, de dénigrement et de suspicion systématique envers la Russie, les Russes et les manifestations de leur culture, qui est devenue si répandue en Europe que les journalistes n’en sont même plus conscients. Or l’essentialisation des défauts supposés d’un peuple et sa punition collective au nom des fautes prêtées à son gouvernement relèvent clairement de la xénophobie et de la discrimination ethnique.
Comment les médias occidentaux sont-ils passés de la critique légitime des actions d’un État à une forme de racisme antirusse ? Du souci d’exposer les faits de façon équilibrée à des biais systématiquement russophobes, et donc contraires à leur déontologie proclamée ?


Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.