L’idée resurgit à la faveur de la fièvre climatique. Le monde occidental doit se préparer à la décroissance. Des partis s’emparent du terme (à Genève et Vevey notamment). Des réseaux dédiés à cette cause gagnent du terrain. Raison ou folie? Dans certains milieux, le débat est vif.
La revendication n’est pas neuve. Sans l’appellation actuelle, elle apparaissait déjà au 19e siècle. Le pasteur anglican Thomas Robert Malthus (1766-1834) voyait la naissance industrielle de la Grande-Bretagne d’un mauvais œil. Il était alarmé surtout par l’augmentation de la population qu’engendrait l’apparition des usines. Mais sa réflexion économique allait loin: il prédisait un système-machine universel condamné à croître sans fin. Le malthusianisme n’est pas démodé.
Plus tard, dans les années 70, de grands penseurs ont aussi évoqué les limites du modèle dominant, notamment le subtil André Gorz proche de la gauche révolutionnaire. Le célèbre Albert Jacquard a prolongé la réflexion.
Cette thématique a toujours été vivement rejetée à la fois par la droite qui attend la richesse de la croissance, et par la gauche qui en attend des emplois. Elle réapparaît aujourd’hui en raison de la peur qu’inspirent l’évolution du climat, le consumérisme, un capitalisme qui concentre de plus en plus les richesses. La croissance des pays développés augmente les profits, pas les salaires qui stagnent ou régressent. Changement de paradigme. Il y a de quoi se méfier des chiffres, mêmes positifs. Chacun voit par ailleurs que la boulimie du shopping ne fait pas le bonheur. De plus, la prise de conscience d’une exploitation incontrôlée des ressources de la terre alarme le plus grand nombre.




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