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«La bataille d’Alger» comme si vous y étiez

Stéphane Venanzi

Par Stéphane Venanzi · Publié le 25 août 2018 · 3 min de lecture

«La bataille d’Alger» comme si vous y étiez
La bataille d'Alger, un film de Gillo Pontecorvo. - © DR

Après son passionnant «Contre-pouvoirs», dans lequel il suivait le quotidien de la rédaction d'El Watan lors de la campagne devant mener à l'ultime réélection en date du président impotent Bouteflika*, le documentariste Malek Bensmaïl revient cette année à Cinémas d'Afrique avec «La bataille d'Alger», un film dans l'Histoire. Et il s'agit à nouveau d'une oeuvre à ne pas manquer!

Dans son souci constant d’interroger le présent comme l’histoire de son pays, Malek Bensmaïl se penche cette fois sur le célèbre long métrage de Gillo Pontecorvo, La bataille d’Alger.

À l’aide d’innombrables images d’archives comme d’abondants témoignages récents, mais en revanche sans jamais montrer d’extraits tirés directement du film, le réalisateur retrace la longue et tortueuse genèse de cette oeuvre culte. De même, il la replace à la fois dans son contexte historique, tout en interrogeant les répercussions qu’elle a pu avoir tant sur l’imaginaire national qu’au-delà des frontières algériennes (Palestine, Amérique Latine, USA). C’est toutefois cette seconde partie du métrage, lorsqu’au bout de nonante-quatre minutes intenses le film s’envole jusqu’en Amérique pour aller interviewer un membre du Black Panther Party, un sociologue et un lieutenant colonel de l’armée US entre autres, qui s’avère la moins convaincante. Pas nécessairement en tant que telle, le sujet se révélant tout aussi passionnant que la manière dont le film de Pontecorvo a pu être réalisé ou ce qu’il a pu représenter historiquement, mais parce qu’elle crée une sorte de déséquilibre. D’autant plus après la dernière intervention de l’historien Daho Djerbal, qui aurait pu constituer une sorte de conclusion idéale: «C’est vrai que [La bataille d’Alger] c’est un moteur d’un début de décolonisation des esprits. Mais aussi c’est un début qui est un piège en même temps. Parce qu’on se regarde à travers le regard de l’autre, encore une fois. Et donc comment se débarrasser de l’autre qui nous regarde?»

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