L’Italie menace de renvoyer les bateaux des ONG vers Malte et la Tunisie

Anna Lietti

Par Anna Lietti · Publié le 29 juin 2017 · 2 min de lecture

L’Italie menace de renvoyer les bateaux des ONG vers Malte et la Tunisie
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L'Italie n'en peut plus. Toutes les missions de sauvetage se dirigent vers la Péninsule, qui n'offre pas les côtes les plus proches. Un ultimatum exige de mettre fin à cette situation intenable, explique La Gazzetta del Mezzogiorno.

L’Italie va-t-elle fermer ses ports aux bateaux étrangers chargés de réfugiés sauvés de la noyade?

Elle pourrait s’y «voir obligée», a averti Maurizio Massari, l’ambassadeur italien auprès de l’Union européenne. Le message en forme d’ultimatum est parti hier: sur ses côtes méridionales, la Péninsule venait, en 48 heures, d’absorber 12’000 migrants répartis dans 22 bateaux. Un record. Tandis qu’à Vintimille, la France renvoyait 200 rescapés qui avaient réussi à passer la frontière. Le premier ministre Paolo Gentiloni dénonce le manque total de collaboration des pays de l’UE, qui doivent «cesser de détourner le regard».

Selon le quotidien La Gazzetta del Mezzogiorno, la procédure de renvoi en cours viserait dans un premier temps les bateaux des ONG comme «SOS Méditerranée», pour s’étendre éventuellement à ceux de Frontex et de Eunavformed. Les traités internationaux prévoient que le sauvetage en mer aboutisse au débarquement dans un «port sûr », font observer les experts. Ces bateaux pourraient donc se diriger vers Malte ou la Tunisie, bien plus proches que l’Italie des zones de sauvetage. Il n’est «pas soutenable» que tous mettent le cap sur la Péninsule, qui est en train de dépasser les limites de sa capacité d’accueil.

Le commissaire aux migrations de l’UE, Dimitris Avrampoulos, admet que «L’Italie a raison». Mais une réponse concrète se fait attendre: le sujet est renvoyé au sommet informel des ministres de l’intérieur, à Tallin, la semaine prochaine. Et seule une aide financière accrue est prévue: «C’est un SOS que lance l’Italie, pas une demande de crédits», s’énerve Antonio Tajani, président du Parlement européen, cité par le quotidien méridional.


L’article de la Gazzetta del Mezzogiorno: «L’Italia pronta a chiudere i porti alle navi straniere con profughis». Son sujet vidéo sur le web: «Migranti: Italia pronta chiudere porti»

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