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L’épouvantail communiste

Grégoire Barbey

Par Grégoire Barbey · Publié le 3 mai 2019 · 4 min de lecture

L’épouvantail communiste
Les antennes permettent de faire circuler l’information, les paquets qui transitent par ces autoroutes numériques peuvent être cryptés, donc à l’abri des regards indiscrets. - © Flickr

Est-ce que le véritable danger de la 5G réside dans le rôle actif joué par la Chine dans le déploiement de cette technologie dans le monde à travers l’entreprise Huawei, soupçonnée de collusions avec le gouvernement chinois? C’est semble-t-il l’avis de Jonas Follonier qui a publié un article sur Bon pour la tête dans lequel il écrit: «Il est permis de se dire que le risque de mise à disposition en mains communistes de nos données personnelles ne se laisse pas balayer pour quelques caprices d’interconnexion et de rapidité de navigation».

Les antennes de Huawei peuvent effectivement causer des soucis en termes de sécurité du réseau. D’un point de vue stratégique, il n’est pas souhaitable qu’une seule entreprise – dont les liens avec le gouvernement semblent étroits – puisse contrôler l’ensemble des infrastructures de télécommunication de la Suisse. En cas de conflit, rien ne pourrait exclure que ce même réseau soit coupé. Scénario extrême, mais à considérer. La Suisse aurait donc tout intérêt à déployer des antennes dont elle a la maîtrise en parallèle des antennes de Huawei – ou de l’américain Cisco… Même si cette précaution ne devait jamais servir, il n’est pas sain qu’un Etat dépende totalement d’infrastructures dont il n’a pas le contrôle.

Ce risque est réel, mais il ne pèse pas sur les données personnelles. Les antennes permettent de faire circuler l’information, les paquets qui transitent par ces autoroutes numériques peuvent être chiffrés par l’opérateur et surtout par les applications que nous utilisons quotidiennement, donc à l’abri des regards indiscrets. Il serait possible de dépendre uniquement d’infrastructures d’origine étrangère, mais il faudrait pour cela maîtriser le chiffrement du trafic qui passe à travers ces antennes. En tous les cas, la Suisse a tout intérêt à favoriser le financement et l’acquisition de matériels openhardware.

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