L’enfant défunt et la dame aux chats ont encore des choses à nous dire…


Le roman n’est pas mort en dépit de l’invasion du feuilleton formaté. À preuve : deux nouveaux livres saisissants de J.M. Coetzee (« L’Abattoir de verre ») et George Saunders («Lincoln au Bardo»), qui relancent les thèmes éternels de l’amour et de la mort de façon tout à fait inédite, entre exorcisme du vieillissement et visions posthumes à la Jérôme Bosch…
Sommaire
Le roman est un sésame imaginaire qui nous fait entrer partout: à cœur ouvert ou dans les lieux interdits, dans les âmes damnées ou lumineuses, à travers les murs de l’oubli ou sur les océans lointains, à tous les temps de la conjugaison et en toutes les langues vivantes ou dites mortes, sur les tons les plus divers du plus foisonnant baroque ou de l’épure, des cris de la tragédie aux chuchotements d’alcôves, etc.
D’aucuns, se piquant de Littérature à pontifiante majuscule, prétendent que le roman contemporain n’est plus rien, que la Langue est perdue, que le Style s’est dilué dans les basses eaux de vidure d’éviers de la jactance, et que d’ailleurs plus personne ne lit, ou alors que de la daube, bref qu’il n’y a plus qu’à tirer l’échelle et conclure qu’après nous le déluge ne fera même pas un récit post-biblique adapté en BD, ainsi de suite et je les emmerde.
De fait, je vois autant le verre à moitié vide de la littérature qui fout le camp d’un peu partout, et même des universités, mais, de nature increvablement optimiste, j’avise la moitié qui continue de se remplir des verres pleins des larmes de l’Humanité qui n’en finit pas de chialer comme le saule pleureur, ou des bulles hilares de notre drôle d’espèce dont le propre est de rivaliser avec la mouette rieuse; et d’ailleurs notre premier petit-fils d’à peine une année à commencé d’ouvrir des livres avant de se jucher sur ses deux pattes de derrière, donc rien n’est perdu…




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