Alors que tous les espaces artistiques institutionnels et privés sont restés longuement clos (musées, galeries), condamnés à nous offrir des séances en solitaire (cinémas) ou rouverts, mais soumis à des mesures humiliantes (théâtres), la question de l’utilité de la création et de la possibilité de diffusion des expressions artistiques au temps du coronavirus se doit d’être posée.
Anne Voeffray, photographe et sociologue
Ce d’autant plus si nos politiques continuent de considérer ce genre de problème sanitaire comme extrêmement grave, cette crise aux conséquences sociales dramatiques peut devenir la première d’une longue série. Dès lors, comment créer un lien avec des personnes masquées, apeurées ou angoissées, alors que l’injonction est à la «distanciation sociale» et comment offrir des espaces de liberté, de rêve, de réflexion commune, quand nos corps et nos esprits sont soumis à l’appel général au «confinement»? Comment se priver des bénéfices de l’art, mis en quarantaine par nos politiques, ce besoin pourtant fondamental pour notre santé physique, psychique et spirituelle, en cette période de crises multiples (des politiques, de l’économie, des liens sociaux, des systèmes de santé privatisés, etc.)?
L’expérience inédite, mais peut-être pas unique — que nous venons de vivre et dont nous tentons de sortir — nous indique de façon aiguë quelques pistes de réflexion quant à l’utilité de l’art tant sur les plans individuel, social, sanitaire et politique:





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