L’argent pris sur le dos des morts touche au tréfonds de l’abjection


La récente interdiction, à Lausanne, d’une exposition de cadavres plastinés, devrait relancer, plus encore qu’un débat juridique ou moral sans doute nécessaire : une réflexion sur notre façon de vivre la mort, d’honorer les défunts et, en art, de la représenter comme elle le fut à travers les siècles. De Philippe Ariès à Jean-François Braunstein, le thème a nourri les réflexions les mieux fondées. Mais au fait : à quel prix vendriez-vous les corps de vos parents ou de vos enfants défunts
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Ils ont osé! Nos politiciens et nos juges ont osé braver le défi du sieur Hubert Huppertz, organisateur allemand de la tournée internationale de «Bodies Exhibition», invoquant la Loi après la première interdiction des autorités lausannoises, avant l’arrêt du tribunal. Aber was? Un gouvernement qui fait fi du Droit! Et l’impresario des cadavres de recourir avec véhémence, pour ne pas dire avec arrogance, comme on l’a vu dans nos médias, avant de tomber sur un os!
On aura remarqué qu’à l’origine de cette double décision d’interdire, à Lausanne, la présentation de «Bodies Exhibition», l’intervention d’ACAT-Suisse (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et de la peine de mort) a joué un rôle initial décisif, l’association en question réagissant au fait qu’un lourd soupçon pesait sur la provenance des cadavres supposés de condamnés à mort vendus par une firme chinoise à de telles fins. À quoi le sieur Huppertz aura rétorqué que non: que «ses» cadavres n’étaient «que» les corps de volontaires américains, etc.





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