L’Abbaye de St-Maurice plonge dans la bière


Mille cinq cents ans et des poussières après sa fondation en 515, la réputée Abbaye de St-Maurice se met à brasser sa propre bière. Montant de l’investissement pour la brasserie inaugurée ce mardi : pas loin d’un million de francs! A l’échelle de trois, quatre ans, un profit important est attendu pour renflouer les caisses. C’est que l’Abbaye subirait des difficultés financières selon son procureur. D’autres développements économiques ont lieu en parallèle.
Si l’habit, pour les francophones, ne fait pas le moine (selon l’expression allemande, si !), la bière semble faire le chanoine. Du moins, les chanoines réguliers de St-Maurice s’y sont mis. «Enfin!», et «en toute logique des choses», déclame le procureur de cette institution très ancienne, le chanoine Olivier Roduit. En effet, nous rappelle-t-il lors l’inauguration de la brasserie ce mardi 17 septembre, cette nouvelle activité économique de l’Abbaye s’adapte à la mode de l’époque et, tout à la fois, s’inscrit dans un passé abbatial tout à fait accueillant.
Car si le bâtiment dévolu à cette aventure brassicole n’était pas spécialement conçu pour au départ (cette très belle propriété de l’Abbaye sur le coteau d’En Cries, vieille de 600 ans, était jadis consacrée à la production de vin), il correspond au final parfaitement à la volonté permanente de l’Abbaye d’étendre ses domaines de compétences artisanales et de s’ouvrir au monde laïc, des terres protestantes du Chablais vaudois jusqu’à Vétroz. Les splendides vignes qui entourent le local en question et dont les chanoines tirent un breuvage de leur facture (une piquette selon d’anciens étudiants du collège) en témoignent: c’est le roi Sigismond lui-même qui les a données à l’Abbaye lors de sa fondation en 515. Or, la mode est aujourd’hui à la bière.



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