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Je n’ai rien à cacher (mais j’ai des rideaux chez moi)

Joséphine le Maire

Par Joséphine le Maire · Publié le 29 mai 2018 · 8 min de lecture

Je n’ai rien à cacher (mais j’ai des rideaux chez moi)
© Ondine Yaffi / Bon pour la tête 2018

Actuellement, nous sommes tous assaillis par le raz-de-marée qu’ont entrainé les révélations de Cambridge Analytica à propos de la confidentialité des données des utilisateurs Facebook. Plusieurs personnes ont demandé à obtenir le dossier affilié à leur profil pour savoir quelles étaient les informations collectées (on peut facilement voir ce que Facebook garde et analyse à votre sujet dans l'article publié en avril «"Le respect de votre vie privée nous tient à cœur" #OuPas») et, il faut bien l’admettre, cette lecture s’est souvent accompagnée de vertiges face à la masse d’éléments conservés et surtout, en toile de fond, cette question lancinante: à quoi peut bien servir tout ça et qui y a accès? (Note au passage que vous pouvez demander vos dossiers de données des applications Instagram et WhatsApp également).

Plus récemment
encore, on a appris que Facebook active par défaut la reconnaissance faciale pour
«reconnaitre si oui ou non vous apparaissez sur une photo ou une vidéo […]
afin d’offrir une meilleure expérience d’utilisation» (évidemment, on ne
voudrait pas que vous manquiez la 508e photo sur laquelle vous
apparaissez).

Cette fonctionnalité
est facilement désactivable (dans «paramètres puis général» et puis «reconnaissance
faciale» et «non» à la question «voulez-vous que Facebook puisse reconnaitre…»), là n’est plus vraiment le problème. Mais savoir que
Facebook à la capacité de scanner en un battement de cils l’ensemble des vidéos et photos sur lesquelles une personne est identifiée pour ensuite scanner l’ensemble
des photos où cette même personne pourrait potentiellement apparaitre suggère
que la plateforme est à la pointe de la technologie en la matière. Et qu’elle
est à même de cartographier l’ensemble de vos relations, amicales ou
professionnelles, ponctuelles ou quotidiennes et de vérifier si vous n’étiez
pas hier en compagnie de telle ou telle fréquentation.

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