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«Marre d’être
le Kosovar
de service!»

Diana-Alice Ramsauer

Par Diana-Alice Ramsauer · Publié le 28 juillet 2017 · 5 min de lecture

«Marre d’êtrele Kosovarde service!»

Plus de cinquante mille hommes et femmes originaires du Kosovo sont arrivés en Suisse dans les années 90. Quelque 25 ans plus tard, la majorité de ces nouveaux venus sont bien intégrés. Pour certains, ils sont même devenus de grands entrepreneurs qui ne comptent pas leurs heures. De vrais Suisses, qui maintiennent la discrétion sur leur culture d’origine.

Sommaire

Shaban Bekteshi, propriétaire PAN SUR LA TÊTE! gérant notamment de l’«Evêché» au pied de la cathédrale de Lausanne, semble un peu agacé du sujet de mon article: «Les Kosovars qui ont repris des bistrots typiquement suisses». Il me dit d’emblée: «J’en ai marre d’être le Kosovar de service. Quand je suis au Kosovo, on me dit que je ressemble à un étranger et en Suisse je suis le yougo».

Le restaurant de Shaban Bekteshi en photos.

En arrivant à Ropraz, un autre bistrot emblématique de nos traditions helvètes, le propriétaire, Nazir Gashi se présente comme «le plus Vaudois des Kosovars». Chez lui, on fait «la meilleure fondue du monde» me répète-il. J’ai eu beau creuser et creuser pour sentir le parfum des Balkans, mais je ne suis revenue qu’avec une odeur de fromage. Ces deux restaurateurs semblent être des exemples de l’intégration par «assimilation»: ne pas montrer sa différence et s’adapter.
Pourquoi? Peut-être parce qu’eux-mêmes n’ont pas les yeux qui pétillent lorsqu’ils parlent de leur pays. Un pays encore empreint d’une forte corruption et qui a besoin de l’aide internationale pour rester la tête hors de l’eau.

Le restaurant de Nazir Gashi en photos.

L’intégration par oubli du passé

Shaban Bekteshi et Nezir Gashi n’ont pas comme ambition d’être les ambassadeurs de leur pays en Suisse. Bien plus encore, ils font tout pour ne pas parler de leurs origines. A peine me racontent-ils que «si, si on fait de la nourriture kosovare parfois. Chaque année on organise une journée cuisine d’ailleurs». Cette journée spéciale à Ropraz, c’est tout l’impact de l’origine de Nazir Gashi sur sa carte. Il est vrai que contrairement aux Italiens arrivés avant eux, leur cuisine n’est pas symbole de grande gastronomie. Peut-être à tort d’ailleurs, comme le précise Claudio Bolzman1, sociologue (HES-SO et l’UNIGE), spécialisé dans les questions de migration: «Ils ont une excellente cuisine, on la découvre lorsqu’ils organisent des fêtes».

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