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Faux policiers et vieilles ficelles

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 21 octobre 2026 · 8 min de lecture

Faux policiers et vieilles ficelles

Sept millions de francs soutirés dans le seul canton de Vaud (Suisse) par de faux policiers et banquiers depuis le 1er janvier 2026. L’actualité rapportée notamment par la RTS début octobre rappelle l’ampleur des dégâts, mais le phénomène n’a rien de nouveau. Depuis plus d’un siècle, la presse romande raconte ces impostures et répète les mêmes avertissements. Les accessoires changent, la promesse demeure. Pour « protéger » vos économies, on commence par vous les prendre.

Sommaire

Les escroqueries aux faux policiers et aux faux banquiers, principalement dirigées contre des personnes âgées, connaissent une « évolution préoccupante » depuis 2022 dans le canton de Vaud, pouvait-on lire dans un communiqué publié le 15 octobre 2026. Près de 2300 cas ont été recensés, dont 900 escroqueries réussies, occasionnant un préjudice cumulé d’environ 7 millions de francs, depuis le 1er janvier 2026. Ces pratiques, certes en augmentation, sont pourtant loin d’être nouvelles. C’est ce qu’atteste une recherche dans les archives de la presse helvétique.

En novembre 1914, un aubergiste d’Arisdorf, dans le canton de Bâle-Campagne en Suisse, reçoit un appel de la prétendue direction de la police de Bâle. Un agent doit venir saisir de faux billets et arrêter leur fabricant présumé. Il faudrait lui envoyer une voiture à la gare d’Augst. L’homme arrive, puis emprunte de l’argent au cafetier et à une autre personne. Un sceptique téléphone pour vérifier. Le faux agent est arrêté. Il a à peine 20 ans, rapporte la Feuille d’avis de Lausanne le 12 novembre.

Le téléphone a rendu le personnage crédible, puis permis de le démasquer. Bien avant les cartes bancaires et les SMS, on obtenait déjà de l’argent en prétendant rechercher des malfaiteurs.

La confiance avant les contrôles

L’imposture est même plus ancienne. En septembre 1888, la Feuille d’avis de Lausanne raconte comment de faux agents ont saisi les enjeux d’une partie de baccara dans un salon parisien. L’un portait une écharpe tricolore et se disait commissaire. Les hôtes étaient leurs complices, selon le journal.

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