«En 3e année d’études, on observe une chute d’empathie chez les futurs médecins»


La médecine se déshumanise, il faut remettre la relation au cœur du métier. Après avoir créé au CHUV un espace d’écoute aux plaintes des patients, Béatrice Schaad inaugure un enseignement qui prépare les praticiens à mieux les affronter. Les arguments d’une passionnée.
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Il y a quelques jours, Béatrice Schaad accédait, devant la fine fleur de la Faculté de médecine de l’Université de Lausanne, au titre de Docteure en sciences de la vie. La poésie du titre n’échappe pas à cette ancienne journaliste impossible à intimider sur le front de l’humour et de la gourmandise existentielle.
Béatrice Schaad s’est passionnée pour les questions de politique de la santé au point de suivre une formation tardive à Harvard et de changer de métier. Devenue responsable de la communication au CHUV, elle a convaincu la direction d’y créer, en 2012, un espace qui se mettrait à l’écoute de la souffrance générée par l’hôpital lui-même. Rapidement, l’Espace Patients et Proches a aussi recueilli les coups de spleen du personnel médical et soignant.
Les doléances recueillies – et dûment classées en «372 raisons de souffrir de l’hôpital» – ont fourni à cette pionnière le matériel d’une recherche publiée sous forme d’articles dans diverses revues scientifiques.* Elles sont aussi à la base d’un enseignement qu’elle inaugure à la Faculté de médecine de Lausanne.
La course de la médecine à l’hypertechnicité déshumanisée est peut-être inéluctable. Elle a en tous cas de vaillants résistants. Ils sont au cœur de la créature paradoxale, l’hôpital lui-même.



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