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Des avions de combat pour se rassurer, idéologie architecturale et le sexe sans sexe

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 17 août 2020 · 3 min de lecture

Des avions de combat pour se rassurer, idéologie architecturale et le sexe sans sexe
© DR

Angoissés, ils veulent convaincre les Suisses de claquer six milliards de francs dans des avions de chasse pour l'armée. De leur côté, des experts en architecture proposent de classer au patrimoine des HLM dans lesquels eux-mêmes ne voudraient sans doute pas vivre. Rapports sexuels sans rapport, ou sans sexe, ou en portant des masques: voilà ce que recommandent des scientifiques pour éviter d'être contaminé par le Covid-19.

«J’ai tout le temps besoin d’être rassurée…» Mon ex-femme m’a fait cette confidence hier et je lui ai été reconnaissant de ne pas laisser entendre que c’était à moi de le faire. Elle a bien conscience qu’il s’agit d’une névrose, contrairement aux politiciens qui essaient de nous convaincre de voter oui le 27 septembre. «Si nous voulons continuer à protéger la population, il n’y a plus le choix: il faut acheter de nouveaux avions de combat», a déclaré la conseillère fédérale Viola Amherd à nos confrère du Temps. La conseillère nationale vaudoise Jacqueline de Quattro, elle, affirme (voir photo): «Notre pays doit mieux se protéger en cas de vague de pandémie. Mais pas seulement», jouant sur la psychose créé par le coronavirus. Six milliards – le crédit qui doit être voté – juste pour rassurer Viola Amherd, Jacqueline de Quattro et les autres? Ils feraient mieux de demander conseil à mon ex-femme, ça nous coûterait moins cher.         

***

Il y a l’angoisse du futur et celle que le passé disparaisse, quel qu’il fut. «Une commission spéciale sur le patrimoine architectural propose de sauvegarder aussi des ensembles bâtis», annonçait le quotidien 24 heures le 11 août dernier. Ces experts parlent notamment du quartier de la Bourdonnette, dans la banlieue lausannoise. Mon ami Christophe Passer, du Matin Dimanche, est allé voir sur place et son article est fort intéressant. Si la Bourdonnette fait rêver des petits-bourgeois qui n’y vivraient pour rien au monde, les gens qui y habitent ont compris que leur quartier n’est qu’un de ces ensembles dans lesquels on regroupe les pauvres, à côté de l’autoroute et de la station d’épuration. «Il y a un fossé entre l’idéologie architectural et la perception contemporaine des habitants», analyse pertinemment l’architecte lausannois Jacques Richter. Un des habitants, interrogé sur son ressenti par rapport aux spécialistes qui veulent classer le quartier au patrimoine architectural, conclut: «Je les trouve méprisants et condescendants. Comme si nous étions une expérience qu’ils observent de loin.» On ne saurait mieux dire.              

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