Ils sont Belges et donc pleins d’humour, tous deux fort appréciés des Japonais et des Chinois, cependant très différents l’un de l’autre dans leur façon de dire beaucoup de choses en peu de mots. Amélie Nothomb et Jean-Philippe Toussaint, avec chapeau dingo ou boule à zéro, s’étonnent encore de tout, et nous avec.
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Un éminent coupeur de cheveux en quatre, plus précisément auteur d’une grave étude sur la quadrature arithmétique du cercle, a posé de son vivant, entre 1646 et 1716, une question que d’autres songe-creux ont abordée avant lui, et qui continue de nous occuper: «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?», et ce n’était pas un Belge avant la lettre non plus qu’un Chinois taoïste mais un génie universel du nom de Leibniz.
Or la dernière histoire belge qui se raconte en Chine appelle à peu près la même question: comment expliquer qu’un roman tel que Made in China, de Jean-Philippe Toussaint, qui semble n’être rien, soit au contraire quelque chose et même plus si l’on y regarde de près en y mettant du sien.
De loin, et dans le contexte d’inattention généralisée que nous connaissons, le pitch de la dernière story de Jean-Philippe Toussaint pourrait sembler, c’est vrai, minimaliste, voire limite futile. Quoi de possiblement intéressant dans ce qui n’est pas même un making off de film, mais le récit en amont de la préparation d’un court-métrage dont le sujet unique sera, sur le podium d’un défilé de mode, l’apparition d’une femme nue ou plus exactement vêtue d’une mini-culotte couleur chair recouverte d’une couche de miel, dans la foulée de laquelle sera lâché un vrombissant essaim d’abeilles?






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