Bideau bidon

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 18 mai 2020 · 1 min de lecture

Bideau bidon
Nicolas Bideau, directeur de Présence Suisse, l’organe de promotion du pays dans le monde, - © Nicolas Bideau FB

Représentant de commerce de la maison Switzerland, ou plus pompeusement directeur de Présence suisse, l’ineffable Nicolas Bideau est très satisfait: «L’image suisse sort renforcée de la crise », fanfaronne-t-il dans Le Temps (8.5). Ce brillant analyste affirme qu’en évitant le «bad buzz» d’un système de santé débordé, l’Helvétie a profité d’une «médiatisation positive de la bonne gouvernance et de la stabilité du pays». Chic alors: les 1600 victimes suisses et leurs proches, dont Bideau ne pipe mot, sont sûrement ravis de cette aubaine promotionnelle.


Laurent Flutsch, Vigousse


Pas sûr toutefois que les apparitions de Daniel Koch vendent bien le dynamisme suisse, ni qu’en matière de prestige gouvernemental les laïus d’Alain Berset égalent l’impact planétaire d’Ueli Maurer baragouinant en plein naufrage sur CNN ou de Johann Schneider-Ammann ânonnant sur la thérapie par le rire. Par ailleurs, si la gestion à peu près normale et raisonnable d’un virus suffit à assurer la réclame du pays, à quoi peut bien servir Nicolas Bideau?

Mais foin de ces broutilles: pour le grand expert, tout est affaire de buzz. «Le tennis at home challenge lancé par Roger Federer depuis les bords du lac de Zurich a suscité un buzz mondial qui nous a largement bénéficié», assène-t-il, péremptoire. Et le New York Times a évoqué les pistes Vita helvétiques en forêt, ce qui est merveilleux. Car ces choses-là, parole de spécialiste, ont «de grands impacts». Par ailleurs, la projection géante de drapeaux d’autres pays sur le Cervin a «fait sensation sur internet», ce qui permet de redessiner le «futur promotionnel» de la Suisse en mettant en avant «la valeur solidarité». Bref, que du pur bonheur.

Las! Quelques jours après ces propos étincelants, le joyau se mua en happelourde quand le New York Times, Le Monde, le Guardian et autres montrèrent les interminables files de traîne-misère en attente de charité alimentaire à Genève.

«Pour la Suisse, il est loin le temps où la discrétion et la modestie faisaient vendre», claironnait Nicolas Bideau en 2019. Pour la Suisse on ne sait pas trop. Mais pour lui-même, ces qualités-là seraient à coup sûr un plus.

Cet article est paru originellement dans le numéro 449 de Vigousse (15.5.2020).

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