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La belle époque et la nôtre

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 28 novembre 2019 · 3 min de lecture

La belle époque et la nôtre
Doria Tillier et Daniel Auteuil dans La Belle Epoque. - © Pathé

Dans La Belle Epoque, actuellement dans les salles de cinéma, Daniel Auteuil incarne un personnage qui peut revivre le jour où il a rencontré sa femme, 40 ans plus tôt, grâce à une entreprise de reconstitution historique sur mesure. Nicolas Bedos signe un deuxième film encore plus virtuose que le premier, et qui nous en dit beaucoup sur notre époque marquée par la criminalisation de la nostalgie. Un exercice de style époustouflant, appuyé par un casting remarquable.

Quelle époque choisirions-nous si nous pouvions revivre un moment de notre vie? Nous avons tous de ces moments de grâce qui nous rapprochent plus du ciel que de la boue. Instant ou période, une partie de notre histoire qui compte particulièrement. Peut-être y en a-t-il même plusieurs. Et quand nous y pensons, nous vient la nostalgie. La «maladie du retour», comme nous en informe l’étymologie du mot. Il semblerait que, pour une fois, ce phénomène soit véritablement perçu par notre époque à l’aune de son sens ancestral: comme une maladie. En effet, que ce soit sur le plan philosophique, politique ou tout simplement humain, repenser à la beauté du passé peut vous valoir aujourd’hui d’être considéré comme un attardé mental.

Nostalgie et accélération du temps

La Belle Epoque raconte notamment cela. Victor, interprété par Daniel Auteuil, est un sexagénaire représentatif de tous ses semblables, dépassés par la société actuelle. Michel Sardou l’avait résumé sur la radio RTL il y a quelques semaines: «Cette époque, je la hais.» Quand le journaliste lui a demandé qu’est-ce qu’il détestait en particulier, le grand chanteur lui a répondu: «Tout. Tout. Tout.» Comprenez ici la société hyper-connectée, les contraintes en tous genres, le manque de liberté de pensée, la pudibonderie, et surtout les réseaux sociaux, «ridicules» selon l’auteur de Je vais t’aimer. Si un artiste peut exprimer ce bon sens populaire comme un porte-voix, un personnage de film le peut aussi.

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