Dans l’Atelier

Son tableau de L’Origine du monde est aujourd’hui presque aussi célèbre que La Joconde. Pour ne rien dire de ses Baigneuses qui scandalisèrent le bourgeois, parce que n’ayant rien des nus idéalisés de Monsieur Ingres. Et puis il y a L’Atelier du peintre, cet immense tableau de près de six mètres de long avec ses trente-trois personnages grandeur nature. Le chef d’œuvre absolu de Gustave Courbet, car c’est de lui qu’il s’agit, né il y a deux cents ans, le 10 juin 1819. Un bicentenaire qui donne lieu à de nombreuses manifestations. A Ornans bien sûr, sa ville natale, mais aussi à Vevey – Courbet est mort en exil à la Tour-de-Peilz en 1877 – au Musée Jenisch, qui lui consacrera en octobre prochain une exposition de dessins.

L’Atelier (détail) © Musée d’Orsay / Wikipedia
J’ai une admiration et un amour très particuliers pour L’Atelier (1855), en raison de ma propre histoire. Comme certains des lecteurs de cette chronique le savent, je suis du bâtiment, pour reprendre l’expression de Degas, je suis né dans une famille d’artistes. Mon père, le graveur et peintre Pierre Aubert (1910-1987) est l’un des maîtres de l’estampe suisse au XXe siècle. Aussi, dans mon enfance, ai-je très souvent joué dans son atelier, qui me paraissait d’autant plus immense que j’étais encore un petit enfant. Je parle ici de la fin des années 1950. Aux Mollards-des-Aubert, la vieille maison familiale au-dessus du Brassus, à la vallée de Joux – elle est aujourd’hui propriété d’une Fondation qui s’attelle à la restaurer.




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